«Quand un fanatique tue des innocents, peu importe sa motivation idéologique ou ses problèmes de santé mentale, il s'agit bien d'un criminel fanatique et aucune société ne doit accepter ce genre d'acte barbare», écrit l'auteur.

Fanatisme ou terrorisme?

Comment vaincre l'ignorance des faits quand les médias déforment la réalité objective d'un acte criminel purement fanatique en le traitant plutôt comme un acte terroriste? Qu'est-ce qu'un fanatique? «Une personne qui est animée d'un zèle aveugle et intransigeant pour une doctrine, une opinion. Ex. : Tué par un fanatique.» (Citation du Petit Larousse)
Quand un fanatique tue des innocents, peu importe sa motivation idéologique ou ses problèmes de santé mentale, il s'agit bien d'un criminel fanatique et aucune société ne doit accepter ce genre d'acte barbare. On reproche souvent aux médias de déformer la nouvelle et nous en avons un bel exemple lorsque ce crime odieux a été commis au Centre culturel islamique de Québec.
Tous les médias ont décrit l'événement et l'assaillant comme un acte terroriste. Pourtant, dans le Petit dictionnaire Larousse, on décrit le terrorisme comme «un ensemble d'actes de violence [attentats, prise d'otages, etc.] commis par une organisation pour créer un climat d'insécurité, pour exercer un chantage sur un gouvernement, pour satisfaire une haine à l'égard d'une communauté, d'un pays, d'un système».
À ce que je sache, la preuve n'a pas été faite que l'auteur présumé de cet acte fanatique gratuit a été télécommandé par une organisation terroriste. Autre événement, autre traitement médiatique : quand Richard Bain a assassiné un innocent et essayé de tuer la première ministre nouvellement élue, Pauline Marois, a-t-on parlé d'un acte terroriste? Non, car les médias ont tout de suite identifié l'individu comme un fanatique à l'esprit confus qui détestait les nationalistes francophones. S'il avait réussi son crime, aurait-on pour autant parlé d'un acte terroriste dirigé par une organisation francophobe? Non, bien sûr, car il n'a jamais été démontré que son geste avait été téléguidé par une organisation quelconque. 
Autre événement, le caporal Denis Lortie attaquant l'Assemblée nationale du Québec habillé en soldat de l'armée canadienne, et qui détestait le gouvernement du Parti québécois. A-t-on pour autant associé son geste à un acte terroriste, surtout qu'il a assassiné trois personnes innocentes? Non, car il fut démontré très tôt qu'il s'agissait d'un acte isolé provenant d'une personne ayant un problème de santé mentale.
J'ai l'impression qu'il existe deux poids deux mesures. Les médias parlent de «terrorisme» lorsqu'il s'agit d'un événement tragique dans un site religieux et d'un geste isolé lors d'un crime à caractère politique ou se déroulant dans un lieu politique?
Dans un contexte où l'émotivité est à fleur de peau, il convient de garder son sang-froid et développer un vocabulaire approprié aux événements. Fanatisme ou terrorisme? Dans ce cas-ci, et jusqu'à preuve du contraire, je préfère décrire l'événement comme un acte criminel provenant d'un fanatique islamophobe.
Jean Baillargeon, Québec