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Faire société, qu’est-ce que c’est?

Nicole Moreau
Nicole Moreau
Québec
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POINT DE VUE / À mesure que le Québec se déconfine, que les relations avec nos proches peuvent se concrétiser plus facilement, on ne peut que s’interroger sur ce que signifie la solidarité sociale.

À mes yeux, la solidarité, ça doit se vivre au quotidien, non seulement par rapport à nos proches, mais aussi par rapport à tous ceux et celles qui ont moins de ressources.

C’est pour cette raison que, collectivement, des décisions ont été prises de mettre en place des services publics, les écoles, les établissements de santé, notamment.

Faire société, ça signifie qu’on prend soin de ces institutions afin que les services publics soient maintenus, que leur qualité soit garantie. Dans une telle perspective, chacun doit contribuer à la mesure de ses capacités. Aucun groupe ne peut bénéficier de privilèges tels qu’il ne participe pas au soutien financier de ces services publics – ce que, par exemple, des milliardaires américains semblent avoir oublié si on se fie à un article du Soleil intitulé Plusieurs milliardaires, dont Jeff Bezos et Elon Musk, ont échappé à l’impôt selon une enquête, en date du 9 juin. 

Faire société, ça veut aussi dire des mécanismes de consultation des citoyens qui soient efficaces et qui permettent l’expression des attentes des citoyens à l’égard de leurs élus (municipal, provincial et fédéral). Ça signifie également que les citoyens seront informés des motifs en fonction desquels des décisions ont été prises.

Les médias semblent avoir une responsabilité particulière à l’égard de ce que l’on peut considérer comme un objectif pour une société, soit présenter une information claire qui fait part de l’ensemble des points de vue sur une question, et ce, afin que les citoyens soient en mesure de «se faire une tête» sur un débat. Est-ce qu’on ne pourrait pas présumer que si l’information était présentée de cette façon plus complète, cela susciterait moins des positions tellement tranchées que les gens en viennent à voir ceux qui ne partagent pas leur opinion un peu comme des ennemis. On ne peut faire société si on voit son voisin comme un «ennemi», n’est-ce pas?

Faire société pourrait s’avérer un projet porteur pour l’avenir de notre société. Ce serait une société d’échanges plus modérés, une société où le bien commun serait priorisé réellement dans les choix des individus, des organisations et des élus. Cela signifie que chacun doit reconnaître la légitimité de la demande de contribution de chacun, sinon l’égalité de traitement est un vain mot et, sans égalité de traitement, peut-il vraiment y avoir liberté?

Pour l’instant, ce n’est pas ce que je vois et je ne peux que le déplorer.