Exporter de l'eau pour de meilleures finances publiques!

Le contenu du budget à venir suscite une multitude de questions et de propositions. Pour les uns, il ne faut surtout pas augmenter les impôts ou augmenter le coût des services. Les Québécois sont assez surtaxés. Pour les autres, aucun nouveau service ne devrait être ajouté à la corbeille des services actuels, sans en abandonner certains déjà dispensés. Les dépenses ne sauraient croître davantage.
Le contenu du budget à venir suscite une multitude de questions et de propositions. Pour les uns, il ne faut surtout pas augmenter les impôts ou augmenter le coût des services. Les Québécois sont assez surtaxés. Pour les autres, aucun nouveau service ne devrait être ajouté à la corbeille des services actuels, sans en abandonner certains déjà dispensés. Les dépenses ne sauraient croître davantage.
Et que dire de ceux qui en demandent et en demanderont toujours davantage, nonobstant la capacité de payer du gouvernement? C'est le cas des employés de l'État que l'on ne saurait blâmer de ce faire, mais dont les salaires et avantages sociaux représentent déjà une large part des dépenses de l'État.
D'autres suggèrent que les «riches» paient davantage, comme si les mieux nantis n'étaient pas déjà soumis à de lourds impôts.
Coincé entre ces diverses demandes et tendances, et incapable de les satisfaire sans augmenter ses revenus, l'État jongle notamment avec une hausse de la taxe de vente, avec des tarifs hydroélectriques plus élevés ou encore avec des hausses de coûts de certains services gouvernementaux. Difficile aujourd'hui d'être ministre des Finances et de satisfaire tout le monde et son père!
Nouvelle source de revenus
Il lui faut donc trouver de nouvelles et importantes sources de revenus, sans pour autant mettre encore la main dans la poche de contribuables déjà surtaxés... ou encore diminuer les services.
Dans cette recherche de nouvelles sources de revenus, il y en a une dont on ne prend pas assez la véritable mesure: il s'agit de l'exportation d'une partie de notre eau potable. Bien sûr, il faut ici d'entrée de jeu souscrire à l'approche gouvernementale actuelle, à l'effet que les ressources en eau sont un bien collectif et qu'il faut donc en disposer collectivement.
Peu de Québécois semblent d'ailleurs en désaccord avec cette vision des choses. Là où les Québécois sont divisés, c'est sur le principe même de l'exportation ou non de l'eau douce. La préparation du budget n'est-elle pas alors une bonne occasion de relancer ce débat?
Ce n'est pas en effet en augmentant de quelques centaines de dollars par année les frais de scolarité universitaires ou encore en augmentant de quelques dollars par jour les frais de garderie (deux mesures par ailleurs qu'il faudrait envisager), que l'on règlera le problème des finances publiques du Québec !
Un projet porteur
Il nous faut un ou plusieurs grands projets, porteurs de revenus venant surtout de l'extérieur du Québec, si l'on veut solutionner en partie notre grave problème de finances publiques. L'exportation d'une partie de notre eau potable, dont nous disposons en quantité au Québec, doit faire partie de ces grands projets. Au même titre que ce fut le cas il y a quelques années, au sujet de l'exportation de l'hydroélectricité. Un débat qui nous a bien servi depuis.
À l'heure où on fait mille et une suggestions pour assainir nos finances publiques, suggestions qui semblent se révéler toutes aussi insuffisantes les unes que les autres, aura-t-on le courage de faire ce véritable débat sur l'exportation de l'eau potable? Comme le signale M. Marcel Boyer du CIRANO (Centre universitaire de recherche et d'analyse des organisations), peut-on faire preuve de moins de «frilosité» dans l'analyse de ce dossier?
Une chose est certaine : ce ne sont pas les débats autour de l'exportation de l'eau potable qui régleront les problèmes de Raymond Bachand dans la confection du budget 2010-2011.
Mais peut-on envisager que l'exportation d'une partie de ce bien collectif dont dispose en quantité le Québec, et susceptible de retombées économiques importantes, puisse au moins aider à la préparation des prochains budgets du Québec?
Kazmir Olecnowicz, ing., M. Ing.
Président-directeur général, CIMA, Laval