L'auteure estime que chaque jour en tant que travailleuse de la santé, elle est en contact avec des professionnels côtoyant les enfants et les ados, et entend toujours les mêmes commentaires et en juin, elle lit toujours les mêmes articles concernant l’aberration de ces épreuves ministérielles.

Examens: que le ministère de l’Éducation redescende sur Terre!

POINT DE VUE / En juin 2015 j’avais écrit un article d’opinion pour dénoncer les fameux «carnets de mathématiques» de la fin de la sixième année du primaire.

À l’époque comme aujourd’hui, l’examen s’échelonnait sur près d’une semaine. J’avais vécu cette épopée comme parent d’une enfant très angoissée par cette épreuve. Je constate que plus les années passent, plus c’est pareil. Et en plus ça se poursuit au secondaire avec des épreuves du ministère de l’Éducation dont la complexité se passe de commentaires.

Chaque jour en tant que travailleuse de la santé, je suis en  contact avec des professionnels côtoyant les enfants et les ados. J’entends toujours les mêmes commentaires et en juin je lis toujours les mêmes articles concernant l’aberration de ces épreuves ministérielles. Mais rien ne change malheureusement.

Quotidiennement, lorsque comme médecin de première ligne, je prends le temps d’écouter les jeunes patients qui me consultent pour des problèmes d’anxiété (et croyez -moi ils sont très nombreux), je ne peux que me désoler de voir que même à 10 ans les examens sont source d’un immense stress alors qu’à cet âge on devrait apprendre en s’amusant et sans aucune pression.

Imaginez en plus un enfant ayant un trouble d’apprentissage se retrouvant devant une évaluation semblable. C’est complètement absurde. Loin de moi l’idée de niveler par le bas, mais ne pourrait-on pas réajuster le tir. Qu’est-ce qu’on cherche à prouver? Et quand on regarde le nombre impressionnant d’enfants suivis en orthopédagogie n’est-il pas légitime de se questionner sur les programmes scolaires en place? Il est urgent de changer la façon utilisée par les spécialistes du MEQ pour évaluer les élèves. Les programmes élaborés ne favorisent aucunement l’estime de soi, la confiance et la réussite scolaire. J’ai trop souvent vu le découragement important de plusieurs jeunes suite à ces épreuves et c’est inadmissible.

Spécialistes du MEQ, il est urgent de revenir sur le terrain.