État des routes: enlever ses œillères sur les ornières

POINT DE VUE / Réagissant à un sondage, le premier ministre François Legault s’est dit «préoccupé» par la piètre condition de nos routes.

Un problème particulier affecte au moins deux tronçons d’autoroutes à Québec : l’autoroute Duplessis (A540) direction sud, entre l’autoroute Charest (A440) et le chemin des Quatre-Bourgeois, et l’autoroute Charest (A440) direction ouest, à l’est de l’autoroute Henri-IV (A73). Sur ces tronçons, des ornières profondes de quelques centimètres prennent littéralement le contrôle de notre voiture, qui passe soudainement dans un mode «autopilote». Ces ornières sont très dangereuses, car on doit braquer les roues pour changer de voie ou emprunter une sortie à une vitesse quand même élevée, une manœuvre plutôt délicate pour certain.e.s automobilistes.

L’origine des problèmes n’est probablement pas seulement de nature climatique (routes exposées aux cycles gel-dégel saisonniers). On doit remettre en question la qualité des travaux d’asphaltage de ces tronçons très récents, faire les inspections nécessaires et exiger des compagnies qui les ont asphaltés de corriger ce qu’il me semble être du travail bâclé, et ce, à leurs frais. Il est temps que le ministère des Transports (MTQ) soit plus rigoureux, impose ses règles et exige davantage pour les précieux deniers publics qu’il collecte auprès de la population qui utilise les routes dont il a la responsabilité. 

Surtout, le ministère des Transports doit chercher à regagner la confiance du public, qu’il a perdue dans les conclusions du rapport de la commission Charbonneau. Pourquoi attendre qu’il y ait des accidents avant d’agir? Pourrait-on, à tout le moins, éviter d’entacher la mémoire des personnalités publiques qui ont donné leur nom à ces routes?