Maquette du tramway

Et si le métro était plus approprié?

POINT DE VUE / Le choix d’un réseau de transport collectif aura un impact important à long terme sur l’avenir de la ville de Québec.

Nos élus municipaux ont choisi le tramway comme solution et en ont fait une étude approfondie sans considérer une alternative très appropriée, le métro.

En 1948, la ville a enlevé toutes les voies ferrées de tramway sur son territoire.

Est-ce que la population veut un retour au tramway pour les prochains 50 à 100 ans?

La ville de Québec est la capitale nationale du Québec, elle en est la deuxième ville la plus populeuse avec plus de 540 000 habitants. C’est une des plus belles villes d’Amérique. C’est une ville nordique qui fait partie de l’Organisation des villes du Patrimoine mondial.

Les rencontres d’information et les médias ont permis à la population de connaître les avantages et les inconvénients du tramway. Qu’en est-il des avantages et inconvénients du métro?

Plusieurs grandes villes ont commencé leur réseau structurant avec un métro. Au cours des dernières années, la technologie dans la construction des métros et l’automatisation dans les réseaux de transport ont beaucoup évolué. Avant d’éliminer le métro, il serait opportun d’étudier ce qui s’est construit récemment dans ce domaine et se baser sur des faits concrets comme le métro de Rennes ligne B et le métro de Copenhague, le Cityringen.

Le métro de Rennes (215 000 habitants) d’une longueur de 13,4 km, avec 15 stations et quatre puits profonds de 30 m, sera inauguré en 2020 au coût de quelque 2,15 milliards en dollars canadiens; cette évaluation, après vérification faite auprès du responsable de projet, tient toujours.

Principales spécifications : c’est un métro léger, avec pneumatique sur dalle de béton, complètement automatisé (sans conducteur), avec portes palières et récupération de l’énergie électrique à 100 % au freinage jusqu’à l’arrêt.

Performance : vitesse moyenne 36 km/h, 4000 voyageurs/heure à la mise en service en mode doublet et prévision d’augmentation si nécessaire en mode triplet. Le tramway, proposé aux quatre minutes, aura 3900 voyageurs/heure.

Le métro de Copenhague (650 000 habitants) inauguré en 2019 a été construit avec deux tunnels de 5,8 m de diamètre au lieu d’un seul tunnel de 9,44 m comme le métro de Rennes. Ils ont économisé 25 % sur le volume d’agrégats déplacés, économisé sur la construction des tunnels en prenant trois fois moins de temps ainsi que sur le coût des tunneliers et économisé en construisant les stations entre les deux tunnels.

En considérant les caractéristiques de ces deux réalisations, un scénario de parcours du métro de Québec débute au stationnement de l’aquarium, pour faciliter le transfert des usagers Rive-Sud/Québec, et se termine à ExpoCité. La distance parcourue est de 13 km (comparable au réseau de Rennes) et 20 stations adaptées au réseau du RTC.

Le métro facilite la gestion du projet et l’acceptabilité sociale sans altérer les rues de la ville.

En étant deux fois plus rapide que le tramway, le métro utilise deux fois moins de rames, de superficie de garage et de coûts de maintenance.

Le métro automatisé facilite la gestion des rames aux heures de pointe, optimise le service et réduit au minimum les coûts d’exploitation. C’est une valeur sûre qui correspond aux critères de la mobilité durable avec une fiabilité à 99 %.

La décision à prendre

Dans un projet de cette importance, la population n’est pas «un gérant d’estrade» et doit être impliquée, en espérant que la démocratie a toujours sa place. C’est la population qui paie et qui utilisera le réseau de transport.

Cette décision, lourde de conséquences, doit se prendre avec la population et, si nécessaire, par un référendum entre deux choix : un tramway ou un métro.

Avec un métro automatisé, des portes palières et des trambus, la ville de Québec serait à la fine pointe de la technologie dès 2027-2028. S’il n’y a pas d’alternative au tramway, nos élus municipaux abandonnent définitivement la possibilité d’un métro pour la ville de Québec.

Avec le budget proposé et considérant l’avenir de la ville, nos élus ont-ils encore le choix?

«Les élus passent, leurs décisions demeurent.»