La place éphémère du pont Dorchester

Et si la ville misait davantage sur le permanent?

POINT DE VUE / Est-ce pour effacer sa pénible réputation de ville historique et patrimoniale et les désignations ringardes de «Vieille Capitale», «Vieux-Québec», «Vieux-Port de Québec» qui lui collent au nom que Québec s’est lancée à corps perdu dans l’éphémère, multipliant les «événements» en tout genre, à caractère sportif de préférence, et créant artificiellement de petites places estivales et même hivernales qu’il faut installer puis démanteler à chaque début et fin de saison? Comble de bon goût, on se permet même parfois de revisiter certains toponymes, affublant par exemple le pont Dorchester du titre d’«Art’chester» pour mieux identifier sa nouvelle vocation... éphémère!

Pendant ce temps, on néglige voire abandonne avec une belle inconscience le permanent, c’est-à-dire ce patrimoine historique qui fait (ou faisait) la renommée de Québec, la distinguait des autres villes nord-américaines et lui attirait des visiteurs de partout dans le monde.

Et si nos ruelles, à l’instar de celles de Montréal, bénéficiaient d’autant d’attention que ces places insignifiantes... s’cusez éphémères, et devenaient des coins de nature authentiques, arborés et fleuris, de vrais lieux de rencontre accueillants et conviviaux qu’on n’a pas à remonter et démonter à chaque changement de saison?