L'auteur de la lettre, qui est retourné vivre dans sa région d'origine, le Lac-Saint-Jean, croit que le gouvernement ne fait pas suffisamment d'effort pour inciter les gens à vivre en périphérie des grandes villes. 

Et pourquoi pas des incitatifs pour les régions?

Monsieur Couillard, je voudrais vous faire part d'une réalité quotidienne appartenant aux gens des régions, dites éloignées, à l'effet que nous vivons dans deux mondes totalement différents, si l'on parle d'investissement, de richesse collective et de taux de chômage comparativement à ce qui se passe dans les grandes villes (Québec, Montréal, Sherbrooke, etc.) versus celles que l'on identifie sous les termes «régions éloignées».
Mon épouse et moi sommes revenus dans notre région d'origine (Lac-Saint-Jean) depuis quatre ans, après un séjour de onze ans dans la ville de Québec, et je vous avoue bien humblement que si cela était à refaire nous serions restés dans la Capitale-Nationale, et ce, pour des raisons pratiques puisque toutes les commodités (santé, éducation, transport, commerce en général, etc.) y sont présentes, contrairement à ce qui se passe dans les régions périphériques.
Il y a une différence majeure en termes de qualité de vie entre les villes mentionnées précédemment et la campagne, et d'ailleurs, cela s'applique partout autour des grands centres comme Montréal, Québec et Sherbrooke. De plus, nous avons vécu en Abitibi pendant quatre ans et nous sentions cet éloignement. En fait, avoir un député au pouvoir et qui, de surcroit, est premier ministre, dans notre région n'entraîne pas son lot d'avantages, bien au contraire.
Je vous donne comme exemple l'achat de notre maison. Nous l'avons acquise pour la moitié du prix que l'on aurait payé à Québec. Tout cela, parce que le taux de chômage est trop élevé, et que les travailleurs n'ont pas d'intérêt à s'y établir. Donc, les maisons ne se vendent que difficilement. De plus, je ne serai jamais en mesure de retrouver les sommes investies pour la vendre, après les travaux d'adaptation,  et pour terminer, le sort a fait en sorte que je doive recevoir des soins spécialisés, mais ceux-ci ne sont disponibles qu'à Québec.
Je pense que si vous aviez un intérêt sincère pour nous aider et favoriser l'implantation d'industries et l'immigration, votre gouvernement devrait accorder des crédits substantiels aux résidents des régions périphériques, allant jusqu'à payer pour que l'on s'y implante. Je vous parlerai également du coût de l'essence afin d'illustrer les désavantages de vivre en région. Cela dit, nous devions bénéficier d'un coût moins élevé pour son achat pour les raisons mentionnées précédemment, mais la réalité est tout autre. Nous payons le même prix qu'à Québec.  
Actuellement, aucun incitatif, ou très peu, n'attire les investisseurs externes et par voie de conséquence les travailleurs à aller s'établir en dehors des grands centres. Je pense que nous aurions droit à une juste compensation, tenant compte de toutes les sommes que votre gouvernement investit dans les grandes agglomérations. Nous serions en droit de recevoir les mêmes sommes d'argent que celles distribuées dans les grands centres.
Finalement, j'ai bien hâte de voir les résultats des prochaines élections partielles et générales, et je ne serais pas surpris que votre gouvernement obtienne encore une fois, la majorité.
Ici, ce sera encore la pauvreté, le chômage et tous les problèmes liés à notre choix de vivre en région...
Ce court exposé provient d'un électeur qui ne croît plus aux politiciens et qui est conscient du choix qu'il a fait de vivre reclus. En espérant que ces maigres commentaires puissent éveiller le collectif et permettre une meilleure distribution de la richesse collective.
Gérard-M. FortinMétabetchouan-Lac-à-la-Croix