Et après, il faudra bien un jour de deuil national

POINT DE VUE / Je suis un citoyen du Québec… donc un peu responsable, moi aussi, ce qui arrive à nos aînés. Responsable, parce qu’avant la pandémie je vivais ma petite vie tranquille avec le travail, les loisirs et le bon temps sans me préoccuper, outre mesure, du sort réservé à ces gens. Je voyais bien, dans les bulletins de nouvelles, des situations alarmantes mais rapidement je détournais les yeux et je passais à autre chose. Jamais, je n’ai eu l’idée d’interpeler un élu à ce propos. 

Collectivement, nous n’avons pas répondu présents lorsque les aînés avaient besoin de notre appui. Qui est descendu dans la rue pour faire avancer leur cause? Il serait au moins de mise que nous fassions quelque chose pour honorer leur mémoire, une fois que la situation sera un tant soit peu revenue à la normale.

Pourquoi ne pas décréter un jour de deuil national pour tous ceux qui auront fermé les yeux une dernière fois lors du confinement. Pas besoin d’un grand rassemblement ponctué de longs discours mais juste des drapeaux en berne pour ne pas oublier. Et pourquoi pas, par devoir de mémoire, rendre annuel se jour de commémoration. Les Patriotes ont le leur, les Vétérans ont le leur… pourquoi pas les Aînés perdus de la pandémie.

J’ai une pensée pour toutes les familles qui ont perdu des êtres chers depuis le début du confinement, que ce soit de la COVID-19 ou de toute autre cause. Ces familles n’ont pas eu droit à un deuil normal. Un deuil avec les proches qu’on peut serrer dans nos bras lorsque la peine est trop grande. Parce que le rapprochement social possède lui aussi des vertus.

Je laisse aux gens en autorité le soin de décider de la pertinence d’un hommage national aux Aînés perdus. Souligner leur départ, une fois l’an, empêcherait que l’amélioration des conditions de vie de ceux qui restent ne tombe dans l’oubli, une fois que la belle petite vie tranquille aura repris son cours.