Régis Labeaume

Équipe Labeaume, seule à avoir le pas?

POINT DE VUE / J’imagine que vous connaissez tous l’expression «seul à avoir le pas», qui fait référence à une histoire de jeunesse où un soldat croyait être le seul à avoir le pas lorsque son régiment défilait dans la rue.

Quand on se réfère aux relations souvent délicates, voire difficiles de l’équipe Labeaume avec des citoyens qui questionnent des projets mis de l’avant par la Ville, dans la plupart des cas, des grands projets susceptibles d’être porteurs d’impacts majeurs au regard du développement de la ville ou de l’un de ses quartiers — songeons, par exemple, au projet Le Phare ou au développement immobilier visé sur les terres des Sœurs de la Charité —, ces citoyens sont vus comme des «empêcheurs de danser en rond», ou comme des chialeux.

Ce qui paraît étrange parce que la Ville existe en raison du fait que les citoyens y vivent, pas seulement des gens d’affaires.

Maintenant, on s’aperçoit que les commerçants, des éléments majeurs pour la qualité de vie dans les quartiers, peuvent être perçus par les élus comme des fatigants. On l’a vu dans le cas des commerçants de la route de l’Église à Sainte-Foy. Ceux-ci auraient dû, selon Rémy Normand, moderniser leur mode de fonctionnement depuis longtemps, oubliant de dire que d’importants travaux sur cette artère s’y déroulent depuis des mois, ce qui rend l’accès compliqué aux commerces qui y ont pignon sur rue.

Est-ce que ces relations difficiles, aussi bien avec les citoyens qu’avec les commerçants, ne peut être vu comme un signe assez clair d’usure du pouvoir à la Ville de Québec? Quand chaque fois que des parties concernées se font rabrouer quand elles font connaître leur point de vue, leurs attentes et leurs besoins, je crois qu’on pourrait penser que la Ville a besoin d’un nouveau leadership, Équipe Labeaume estimant être la seule à avoir le pas.