Éolien et cryptomonnaies ne vont pas ensemble

En réaction au point de vue «L’énergie éolienne : vecteur de développement économique!» d’un collectif de maires de la Gaspésie et de la Côte Nord paru le 30 avril

Il est vrai que l’énergie éolienne a plutôt mauvaise presse. Les éoliennes dérangent, parce qu’elles font du bruit, qu’elles brisent le paysage naturel et surtout parce que leur bilan financier n’est pas toujours au pair de celui des grandes centrales hydroélectriques. Je salue donc l’initiative de ces politiciens qui vont à la défense de ce mode de production d’énergie propre et effectivement très complémentaire aux sources traditionnelles d’approvisionnement énergétique de notre Société d’État. Ils ont d’ailleurs parfaitement raison à mon avis de souligner combien les éoliennes permettent aux régions de participer activement à l’économie du Québec.

Par contre, là où je ne suis pas d’accord, c’est lorsqu’ils poussent un peu fort le bouchon en associant leur campagne aux chaînes de blocs, au secteur bancaire et à celui des assurances. Il s’agit à mon avis d’un mirage qui a réussi à séduire des élus en leur faisant miroiter une participation active aux nouvelles technologies. 

Ils n’ont pas compris que tout ce qu’on cherche à leur offrir, c’est de devenir des calorifères à ciel ouvert destinés à démontrer que des entreprises ont brûlé de l’énergie inutilement pour supporter leur participation à un système international de minage de cryptomonnaies. De tels systèmes ne pourront que s’effondrer lorsque les autorités publiques auront compris le stratagème et auront pris les moyens pour éradiquer cette «espèce envahissante» de notre paysage informatique et technologique.

La terminologie est pompeuse, on appelle ça maintenant des «chaînes de blocs», ça fait plus high-tech et moins spéculatif. Il était facile de les convaincre, on n’a eu qu’à leur dire qu’ils étaient assis sur une mine d’or et qu’on les aiderait à l’exploiter. De toute manière, ils comprenaient bien peu de choses dans tout ce charabia technologique, occupés qu’ils étaient à promouvoir le bien-être de leurs communautés. 

Il ne faut pas les blâmer, même les plus grands experts informatiques et monétaires se perdent en conjectures pour essayer de comprendre le phénomène.

C’est tout à leur honneur de se porter à la défense de l’économie de leur région, mais ils sont malheureusement victimes de leur enthousiasme. L’éolien, c’est excellent, mais l’énergie qui en résulte mérite mieux que de «chauffer le dehors», comme disait ma grand-mère quand on laissait la porte ouverte en hiver. Parce qu’en fin de compte, ce n’est pas vrai que les ordinateurs ont besoin de térawattheures pour faire des calculs comptables et assurer la sécurité des transactions monétaires. Et ça, peut-être que ma grand-mère, dans sa grande sagesse, aurait pu le comprendre.