Le projet de tour d'habitation sur le site de l'église Saint-François d'Assise

Encourageons la Ville de Québec à respecter ses règles

En réaction à la chronique «Les hauts et les bas d’une tour à Limoilou» de François Bourque parue le 10 mars

La chronique sur le projet de tour à Limoilou est fort instructive à plusieurs égards. En effet, monsieur Bourque, vous vous intéressez au développement de Québec depuis si longtemps que je me dois d’acquiescer lorsque vous écrivez qu’«une bonne densité résidentielle est possible sans construire en hauteur… et que les quartiers Montcalm, Saint-Jean-Baptiste ou Limoilou en sont de bons exemples». Cependant, même si votre texte est nuancé, il n’en demeure pas moins que votre analyse rate la cible en acceptant la prémisse de départ du promoteur. 

Ce sera 123 logements ou rien. Le dilemme entre une tour élancée ou un affreux rectangle couvrant tout le terrain. Exit les arbres et les coins de verdure. Or, c’est un faux dilemme. D’où vient ce chiffre? Pourquoi pas 40, 60 ou 80 logements? À partir de combien celui-ci fait-il un profit raisonnable? À partir de combien peut-on parler de densification? Je n’ai pas les réponses, mais j’aimerais qu’on pose ces questions au promoteur et aux élus municipaux. Ce n’est qu’en déconstruisant cette prémisse qu’il devient possible d’implanter un beau projet en équilibre entre les besoins des résidents actuels et futurs du quartier et celui légitime du promoteur d’atteindre la rentabilité.

Récemment, on annonçait un projet de 26 unités de condo au coin de la 1re Avenue et 4e Rue et cela sans que personne n’en prenne ombrage. Imaginez, le même quartier, les mêmes citoyens et pourtant une réaction totalement différente. La densification souhaitée, paisible et à échelle humaine est possible si le contrat moral unissant les citoyens entre eux, les commerçants et les promoteurs a une réelle valeur. Ce contrat, c’est le zonage! Si l’on arrête de le voir comme un obstacle à contourner, peut-être aurons-nous encore davantage de projets acceptés d’entrée de jeu comme celui mentionné plus haut. De cette manière, je pourrai vaquer à mes loisirs l’esprit tranquille; et vous, écrire sur notre ville qui se transformera sans rupture brutale avec ses habitants.

Dominic Martin, Québec