Thérèse Vanier (à gauche)

En mémoire d'une grande dame

Thérèse Vanier est décédée à Londres le 16 juin dernier à l'âge de 91 ans. La Maison Michel-Sarrazin est en deuil. Elle a perdu une amie fidèle, médecin hématologue du St-Christopher's Hospice, premier Centre de soins palliatifs au monde, fondé en 1967 où nous avions fait sa connaissance lors d'un séjour d'études pendant lequel nous l'avions renseignée sur le projet Sarrazin inspiré justement de cet hospice. La Dre Vanier était une experte en soins de fin de vie, dévouée à la promotion de cette discipline.
Thérèse Vanier est décédée à Londres le 16 juin dernier à l'âge de 91 ans. La Maison Michel-Sarrazin est en deuil. Elle a perdu une amie fidèle, médecin hématologue du St-Christopher's Hospice, premier Centre de soins palliatifs au monde, fondé en 1967 où nous avions fait sa connaissance lors d'un séjour d'études pendant lequel nous l'avions renseignée sur le projet Sarrazin inspiré justement de cet hospice. La Dre Vanier était une experte en soins de fin de vie, dévouée à la promotion de cette discipline.
Thérèse Vanier était la fille de feu général Georges Vanier, ancien gouverneur général du Canada (1959 à 1967) et de feu Pauline Archer. Elle a créé des Communautés de l'Arche en Grande-Bretagne à l'instar de son frère Jean en France, et partagé ses activités médicales au côté de Cecily Saunders, fondatrice de l'Hospice St-Christophe.
En novembre 1981, elle acceptait notre invitation d'être la conférencière au Congrès conjoint réunissant l'Association des médecins de langue française et la Société canadienne du cancer, au Château Frontenac. C'était pour la Maison Michel-Sarrazin une occasion unique de l'entendre partager son expérience en soins palliatifs avec les membres de nos centres hospitaliers et la population de Québec.
Avant l'ouverture du congrès, Mme Vanier donna des conférences dans chacun des centres universitaires suivants : Hôpital de l'Enfant-Jésus, Hôpital du St-Sacrement, Centre hospitalier de l'Université Laval et l'Hôtel-Dieu de Québec. Dans chaque centre, elle a rencontré le personnel et parlé de son expérience antérieure. Tous ont été impressionnés par sa simplicité et sa grande compétence. Ce fut un tournant pour le projet de la Maison Michel-Sarrazin puisque ses paroles ont pu convertir les sceptiques et sensibiliser les autres au bien-fondé de cette maison de soins palliatifs pour la grande région de Québec, qui offre des soins palliatifs aux personnes atteintes d'un cancer en phase terminale qu'elle accueille depuis maintenant près de 30 ans.
Des centaines de personnes ont entendu ses deux conférences ouvertes au grand public. C'est à cette occasion qu'elle a prononcé cette phrase émouvante : «Quand il n'y a plus rien à faire, tout reste à faire», que nous avons adoptée et répétée à de multiples occasions signifiant quand la médecine vous dira qu'elle ne peut plus vous traiter, il y a place pour les soins palliatifs humanistes.
La Dre Vanier avait l'habitude de prendre contact avec la Maison lors de ses séjours chez son frère Bénédict, aumônier au Monastère des Soeurs Trappistines de St-Romuald. Ainsi ce fut un honneur pour le Conseil de la Maison de la nommer membre honoraire en reconnaissance de son apport au développement des soins palliatifs à Québec. Dans un même esprit de gratitude, l'Université Laval, à la suite d'une suggestion de la Maison Sarrazin, lui décerna un doctorat honoris causa le 22 juin 1987. Nous nous souvenons avec émotion de la visite à la chapelle de la Citadelle de Québec où son père Georges et de sa mère Pauline sont inhumés et de la conférence de presse que Thérèse a accepté de donner à cette occasion.
Louis Dionne, cofondateur de la Maison Michel-Sarrazin