L'homme prénommé Daniel, est entré dans le bureau de vote situé à la Bibliothèque Chrystine-Brouillet, rue Racine, avec la ferme intention de déposer son bulletin le visage voilé par une cagoule de motoneige.

Élections Canada, un cancre?

Certains ont émis l'opinion selon laquelle le droit de vote, obtenu au prix de haute lutte, mérite qu'on ne le bafoue pas en se présentant affublé d'un sac sur la tête. Mais à mon avis, ce n'est pas le principe que ces personnes ridiculisent, mais les règles, et surtout ceux qui les ont pensées.
Imaginez: si quelqu'un trouve dans la rue votre carte d'hôpital et votre carte de bibliothèque, il peut voter à votre place, par exemple au BVA. Un scrutateur dont la spécialité n'est pas la graphologie n'y verra que du feu lorsqu'il signera. Il pourra même le faire masqué, s'il prête serment qu'il est vous. Par la suite, il ira voter en son propre nom.
Et aussi incroyable que cela puisse paraître, même si votre ligne indique que vous avez déjà voté, vous pourrez, en vous présentant ensuite et simplement en prêtant serment comme quoi vous n'avez pas encore voté, accomplir votre devoir d'électeur malgré tout. Cela ouvre aussi la possibilité à des fraudeurs, de vendre un droit de vote. Il prête les mêmes documents cités plus haut à un complice moyennant un montant d'argent, ces fraudeurs peuvent ensuite voter avec leur vrai nom, le prêteur, en prêtant serment qu'il s'agit d'une erreur et qu'il n'a jamais voté, et l'autre, en son propre nom.
Ce système provoque une injustice du fait que certains individus peuvent voter deux fois. Dans l'absurde, on pourrait assister à un dépouillement où le nombre de votes exprimés dépasse le nombre d'inscrits. Le Directeur général des élections, Marc Mayrand, se doit de trouver une solution à ces irrégularités. Certaines possibilités s'offrent à lui, soit de réclamer l'instauration au pays d'une carte d'identité nationale fournie seulement aux citoyens canadiens, avec photo, ainsi que certains renseignements sur la personne, adresse, taille, date de naissance, etc... certains pays exigent même l'empreinte digitale.
Une autre possibilité serait encore de mettre en circulation la carte d'électeur, renouvelable de temps à autre, servant aussi bien aux élections scolaires, municipales, provinciales ou fédérales, et qui serait validée par le scrutateur lors du dépôt dans l'urne du bulletin de vote de l'électeur, empêchant ainsi qu'il puisse voter deux fois à la même élection. Élections Canada devrait également éliminer tout serment, cela ne fait pas sérieux et peut amener de la fraude. Si voter est un geste aussi sérieux que cela, ne pourrait-on pas le soumettre à des règles plus rigoureuses et plus professionnelles? On attend de vous, M. Mayrand, de profonds changements.
 
Gilbert Blachon, Rivière-du-Loup