Photo Martin Chamberland, La Presse -- La premiere ministre Pauline Marois est de passage a l'Universite de Sherbrooke a Longueuil ce matin avec Pierre-Karl Peladeau et Bernard Drainville au lendemain du debat televise des chefs.section : general-30-Référence# 66563021/03/2014

«Dream team» de la Santé

Le budget que le gouvernement du Québec alloue à la santé est d'environ 38 G$, soit à peu près 60 % du budget global pour l'ensemble des programmes gouvernementaux. Celui-ci devrait croître à un rythme de 4,6 % par année jusqu'en 2018, mobilisant une part de plus en plus importante des ressources de l'État, et on nous dit que ce ne sera pas assez. C'est le tonneau des Danaïdes, un monstre que personne jusqu'ici n'a réussi à maîtriser.
En 2003, lorsqu'il a pris le pouvoir, Jean Charest nous annonçait fièrement qu'il avait trois grandes priorités : 1. La Santé; 2. la Santé et finalement 3. La Santé. Il avait la solution, un super ministre d'une compétence médicale incontestée : Philippe Couillard. Le legs le plus important de celui-ci après près de 6 ans à la tête du ministère de la Santé est un super hôpital universitaire en plein centre-ville de Montréal dont à peu près personne ne voulait à cet endroit.
Son successeur, Yves Bolduc, avait la solution : le «Lean management à la Toyota». Il a été près de 4 ans à la tête du réseau de la santé. Malgré toute sa bonne volonté et ses compétences médicales : Est-ce que les problèmes du réseau ont été réglés? Poser la question c'est y répondre.
Que nous propose l'équipe libérale en 2014? Un trio «santé» composé des mêmes personnes avec l'addition de Gaétan Barette, le super spécialiste qui a réussi à «faire sauter la banque» à l'avantage de ses confrères.
Vous croyez qu'ils seront capables de réformer le système de santé? Pas moi. Quand on suit la même recette, qu'on utilise les mêmes ingrédients, on obtient généralement les mêmes résultats malgré toute la bonne volonté qu'on veuille y mettre.
Jean-Robert Sansfaçon écrivait dans Le Devoir du 17 mars dernier un article très intéressant intitulé «Faut-il un docteur?». Il mentionnait à juste titre qu'à «cause du gigantisme de l'organisation et de l'omnipuissance du syndicalisme professionnel, aucun docteur ministre n'a réussi à soigner le malade depuis 20 ans».
Il mentionne aussi que «pour s'attaquer au problème du réseau québécois, il faudrait peut-être songer à retirer la responsabilité des mains des professionnels de la santé pour la confier à des politiciens et à des administrateurs d'envergure qui saurait tenir tête aux syndicats professionnels. Le ministère de la Santé n'a pas besoin d'avoir à sa tête un médecin, encore moins un président de fédération médicale».
Des administrateurs d'envergure, capables de relever l'un des plus importants défis, qui se présentent au gouvernement du Québec, et qui ont le goût de se lancer en politique ne sont pas légion.
Le PQ vient de recruter un tel gestionnaire, Pierre Karl Péladeau, qui a fait ses preuves dans le secteur privé en créant l'une des plus grandes entreprises du Québec. Celui-ci est d'ailleurs le seul gestionnaire québécois qui après être devenu milliardaire dans le milieu des affaires a voulu se lancer en politique pour consacrer maintenant ses énergies au bien du Québec et de sa population.
Certains diront certainement qu'il fut un gestionnaire parfois brutal pour atteindre ses objectifs. Peut-être, mais il a réussi. N'est-ce pas le genre de gestionnaire qu'il faudra bien, un jour, mettre à la tête du réseau de la santé pour remettre notre système de santé sur les rails? Peut-on penser que la réforme du système de santé se fera en ne changeant rien, en cédant aux nombreuses forces du statu quo qui paralysent actuellement notre réseau? Il faudrait être très naïf pour le penser.
Le PQ a la chance exceptionnelle de pouvoir mettre sur pied une équipe de rêve à la santé réunissant un super gestionnaire (PKP), un médecin spécialiste en gériatrie connaissant bien le milieu universitaire (Réjean Hébert), une ancienne présidente de l'Ordre des pharmaciens (Diane Lamarre) et une ancienne présidente de l'Ordre des infirmières (Gyslaine Desrosiers). Un «Dream Team» comprenant des représentants de tous les principaux acteurs du système de la santé, pouvant travailler en équipe et contribuer à trouver des solutions aux problèmes qui accablent le réseau.
À mon avis, il s'agit d'une chance unique qui se présente à nous, ayons l'intelligence de ne pas la laisser passer.
Simon Cantin, Québec