En entendant parler de la couleur de peau de Dominique Anglade dans les derniers jours, «ce qui m’a surprise, c’est qu’on a assisté à la démonstration publique que l’origine d’une personne, sa couleur de peau, peuvent constituer un frein à ses aspirations professionnelles», indique Anne-Marie Labrecque.

Dominique Anglade est noire. Et puis?

POINT DE VUE / Ces derniers jours, j’ai été assez déconcertée d’entendre parler de la couleur de peau de Dominique Anglade. Non pas que je doute qu’il y ait des personnes qui hésiteraient à élire à la tête de notre province une personne issue des communautés culturelles. En fait, ce qui m’a surprise, c’est qu’on a assisté à la démonstration publique que l’origine d’une personne, sa couleur de peau, peuvent constituer un frein à ses aspirations professionnelles.

On me répondra que tous les acteurs ont affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un enjeu, mais pourquoi alors en a-t-il été question dans l’espace public? En 2019, y aurait-il eu les mêmes commentaires autour du sexe ou de l’orientation sexuelle d’un candidat? Récemment, j’ai fait affaire avec une entreprise en gestion immobilière, et je faisais part au propriétaire du fait qu’il y avait un bassin de main-d’œuvre intéressant parmi les immigrants. 

Il m’a répondu, sans complexe, que s’il n’en tenait qu’à lui, il embaucherait des immigrants comme agents de location, mais que ça pourrait déplaire à certains clients, et que c’était un risque à prendre pour lui. Où est la différence avec ce que vit Mme Anglade aujourd’hui? Et quand aura-t-on le courage comme société de faire face à cet enjeu et d’y chercher une solution durable, pour notre bien-être et prospérité à tous?