Selon l'auteur de cette lettre d'opinion, déterminer si les Québécois sont les plus taxés en Amérique est un débat insoluble.

Dire que ceux-ci sont plus taxés que ceux-là ne veut rien dire

En réaction au texte «Les Québécois sont les plus taxés en Amérique» de Jean-François Cliche parue le 12 mars

C’est un débat insoluble, et ce pour deux raisons principales, même si on s’en tient (erronément, à mon avis) au seul critère de la ponction fiscale par rapport au PIB.

1 Le «panier des services» diffère d’une juridiction à l’autre. Le poids des services de santé joue un tel rôle dans la fiscalité que de comparer le Québec avec les États-Unis, où le système de santé est essentiellement privé, consiste à comparer des limettes avec des citrouilles. Il faut aussi tenir compte du fait que le Québec est la seule juridiction qui offre des services de garde, ce qui nous différencie du ROC.

2 Il faut aussi tenir compte du déficit. Imaginons une juridiction qui «pompe» 25 % du PIB en taxes et impôts et enregistre un déficit de 5 % du PIB, alors qu’une autre juridiction «pompe» 35 % du PIB en taxes et impôts et équilibre son budget. La première juridiction n’a fait que reporter des taxes et des impôts. C’est essentiellement la situation de l’Alberta par exemple, dont le cadre financier planche sur un baril de pétrole de 80 $ environ pour équilibrer son budget. Comme le pétrole se transige à 40 $ le baril, l’Alberta enregistre des déficits records. Mais les Albertains sont (présentement) moins taxés.

Une autre façon de juger de cette situation est de considérer le revenu net des ménages, après taxes et impôts, en tenant compte d’un ensemble de dépenses normales et généralement incompressibles. Selon cet exercice, les Québécois s’en tirent franchement pas si mal, très bien même pour ceux des classes moyennes et ceux moins riches qui ont des enfants.

Ma conclusion : dire que ceux-ci sont plus taxés que ceux-là, in fine, ça ne veut rien dire.