Dieu n’existe pas pour que je lui fasse porter le chapeau de ce qui m’arrive. Il est simplement celui qui m’accompagne discrètement dans les jours de joie comme dans les heures difficiles écrit Mgr Marc Pelchat.
Dieu n’existe pas pour que je lui fasse porter le chapeau de ce qui m’arrive. Il est simplement celui qui m’accompagne discrètement dans les jours de joie comme dans les heures difficiles écrit Mgr Marc Pelchat.

Dieu n’envoie pas le malheur !

POINT DE VUE / Certaines personnes de foi estiment voir, dans la pandémie qui nous afflige, une intervention du ciel pour nous rappeler que Dieu existe (voir Le Soleil du vendredi 24 avril). Ainsi, un Dieu Tout-Puissant «tirerait les ficelles» pour distribuer le bonheur ou le malheur. Cela ne correspond pas à ma foi et à celle de l’Église à laquelle j’appartiens.

Dieu n’existe pas pour que je lui fasse porter le chapeau de ce qui m’arrive. Il est simplement celui qui m’accompagne discrètement dans les jours de joie comme dans les heures difficiles. En prenant notre chair, Jésus est venu faire route avec nous, en partageant nos rires et nos larmes. C’est le visage de Dieu qu’il a voulu nous montrer : Dieu avec nous, pas contre nous.

Tout au long de l’histoire, y compris dans les temps bibliques, le déroulement des événements heureux et malheureux a été l’occasion pour les hommes et les femmes de s’interroger sur leur vision de Dieu et son action dans leurs vies. La réflexion des êtres humains sur leur condition humaine a souvent été marquée par de grands traumatismes, tels que les guerres et les désastres naturels, les grandes épidémies ou la tragique expérience de l’Holocauste et autres génocides de notre époque. Dieu n’envoie pas le malheur. Il partage notre souffrance et il nous accompagne dans cette traversée jusqu’à ce que nous atteignions l’autre rive, quand tout ira bien de nouveau.

Dieu n’aime pas la souffrance

Pourquoi ce Dieu aimant autorise-t-il la souffrance ? «La douleur des humains est toujours une épreuve pour leur image de Dieu» (Bruno Chenu). Dieu n’aime pas la souffrance et, devant elle, il nous appelle à résister et à combattre. Un pasteur a un jour écrit que le Dieu de la Bible est «le Dieu puissamment faible» (Étienne Babut). La puissance de Dieu ne peut être autre chose que celle de l’amour et jamais elle n’écrase notre liberté d’hommes et de femmes. La vie suit son cours, les lois de la nature s’appliquent aussi bien que les dérèglements de la nature qui surviennent ici et là. Au milieu de cette histoire en marche depuis la nuit des temps, il est vrai que Dieu semble souvent garder le silence, comme Jésus qui dort dans la barque pendant la tempête. Dieu entretient un grand respect pour la liberté humaine et il entoure l’univers créé de sa sollicitude par son silence et sa parole qui est comme «une brise légère». Car Dieu est aussi Parole à travers l’histoire. 

Passion et résurrection : la mort et la vie

Les chrétiens et chrétiennes viennent de célébrer la Passion de Jésus et sa Résurrection des morts. Celui que nous proclamons Fils de Dieu a subi un mal injuste et il a donné un sens à sa vie en la donnant par amour. En tant que croyants, en ces temps difficiles, le Seigneur nous invite à être attentifs aux appels à vivre comme lui au service des autres, car «la charité chasse la peur», la compassion nous rend proches de ceux et celles qui souffrent, et nous ne cessons pas de prier pour les malades et les soignants. La crise sanitaire actuelle est un appel à vivre davantage la fraternité humaine, la solidarité sociale et le rapprochement avec nos sources intérieures. Pour un disciple du Christ, c’est la relation avec un Dieu miséricordieux et compatissant qui reste la source profonde et inépuisable.

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