Desjardins: une banque ou une coopérative?

Question: comment appelle-t-on une organisation qui offre des services bancaires et financiers? D’aucuns aimeraient peut-être répondre «une coopérative», mais la bonne réponse est «une banque».

On sait que le Mouvement Desjardins est fondé sur de multiples coopératives d’épargne locales, initialement découpées sur la base des villages et paroisses du Québec. On sait aussi qu’elles sont regroupées en une Fédération et qu’il y a un certain niveau de complexité qui échappe à la majorité des membres concernant les échanges de fonds et à qui reviennent les décisions, caisse ou fédé, comme ils diraient dans leur jargon.

Or le contexte international des services bancaires et des procédures qui en assurent la solidité et la fiabilité requiert une forme d’autorité à laquelle les pays se sont engagés à en respecter la réglementation. Ça s’appelle le Comité de Bâle. Pour avoir droit de cité dans le monde bancaire, malgré sa différence en termes de structure, le Mouvement Desjardins y est assujetti à une grande partie. Je ne comprends qu’une infime partie de ce monde complexe, mais je constate la ligne directrice : le Mouvement Desjardins est soumis à de multiples contrôles, nationaux et internationaux, relatifs à des activités bancaires. C’est donc une banque!

Dans ce contexte, chaque caisse populaire prise individuellement est bien petite. Le pouvoir est au central et les obligations réglementaires sont la base sur laquelle la Fédération appuie son autorité sur tout un chacun des caisses locales. Ce qui n’empêche pas le Mouvement de se laver les mains quand vient le moment de petites décisions locales impopulaires, qu’on préfère laisser aux pauvres directeurs de caisses, responsables devant tous de la rentabilité de leur bien petit périmètre financier, toujours mesurée au centime.

La population l’a compris. Le Mouvement Desjardins tente de jouer sur les deux tableaux à la fois : banque et compagnie d’assurance quand elle veut rouler ses mécaniques financières et coopératives d’épargnants qui s’entraident quand ce sont des détails opérationnels locaux. Personne n’est dupe cependant et il faudra un jour que le Mouvement Desjardins se branche et cesse de jouer sur les nerfs de ses membres, de ses directeurs de caisse et de la population en général.

André Verville

Lévis