Si les groupes de pression n'existaient pas, les gouvernements réagiraient-ils lorsque vient le temps de protéger l'environnement?

Des questions sur l'environnement et la gouvernance

Dans notre système politique, on élit des politiciens pour qu'ils encadrent, grâce à des lois ou à des règlements, le développement de notre société. Les citoyens leur délèguent donc des responsabilités et s'attendent à ce que les mandats confiés à la suite du vote soient pleinement assumés.
Cependant, qu'en est-il quand des politiciens adoptent des lois puis hésitent ensuite à les faire respecter? On peut penser à plusieurs cas. Ainsi, au fédéral, des groupes environnementaux poursuivent la ministre de l'Environnement, Catherine McKenna, pour le scandale Volkswagen. Rappelons qu'au Québec, les incidents en ce qui a trait à l'application des lois environnementales - qui laissent à désirer - paraissent légion à la citoyenne ordinaire que je suis. 
On peut rappeler, à titre d'exemple, que TransCanada a abandonné la construction d'un port à Cacouna par suite des pressions du milieu et d'une action en cour soutenue activement par un autre groupe environnemental, le Centre québécois du droit de l'environnement (CQDE). Plus près de nous, dans la région de Québec, le ministère de l'Environnement semble s'être «contenté» d'émettre un avis à l'usine de peinture Anacolor du secteur Cap-Rouge. Pour la Ville de Québec, malgré l'importance de préserver les milieux humides qui jouent un rôle majeur dans le dossier de l'eau et la préservation de sa qualité, malgré des lois adoptées à cet égard, les projets immobiliers sont accueillis favorablement.
Comment les élus perçoivent-ils leurs responsabilités en ce qui concerne l'application des lois ou des règlements qu'ils adoptent, en principe pour le bien commun? Comment se fait-il que, dans bien des cas, ces politiciens semblent négliger cet aspect majeur de leurs responsabilités? Il ne suffit pas d'adopter lois ou règlements, encore faut-il que ces instruments juridiques soient adéquatement mis en oeuvre. À quoi sert d'adopter ces lois ou ces règlements si on attend tellement avant de les appliquer que des groupes ou des citoyens, inquiets de la situation, se lèvent et prennent les choses en mains avec tout ce que cela signifie d'investissement en temps, en énergie? 
On pourrait tenir le même raisonnement en terme de gouvernance. Comment se fait-il que les actions citoyennes paraissent si mal perçues des politiciens en place? Comment se fait-il que ces décideurs entendent sacrifier des droits accordés à des citoyens? À titre d'exemple, pensons au droit au référendum citoyen que les villes pourront abolir en raison de dispositions contenues dans le projet de loi 122. On peut aussi penser à toutes les instances auxquelles participaient des membres de la société civile et qui ont été abolies; on peut aussi évoquer l'hypercentralisation du réseau de la santé : les exemples abondent de ce temps-ci.
On peut alors se poser la question, les politiciens que nous élisons sont-ils conscients d'être déconnectés d'une grande partie de la population et de leurs attentes (ou besoins)? Malheureusement, je ne le crois pas.
Nicole Moreau, Québec