«L’arrivée de futurs résidents asymptomatiques est également un enjeu inquiétant puisque les CHSLD ne disposent pas des mêmes mesures d’isolation qu’un hôpital ni des mêmes équipements et encore moins de personnel en nombre suffisant», écrit Patricia M. Gagné
«L’arrivée de futurs résidents asymptomatiques est également un enjeu inquiétant puisque les CHSLD ne disposent pas des mêmes mesures d’isolation qu’un hôpital ni des mêmes équipements et encore moins de personnel en nombre suffisant», écrit Patricia M. Gagné

Des personnes atteintes de COVID-19 admises en CHSLD ou comment amplifier une crise sanitaire

Patricia M. Gagné
Patricia M. Gagné
Directrice générale du Regroupement provincial des comités des usagers
POINT DE VUE / Le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) a appris que des personnes atteintes de COVID-19 sont admises de façon transitoire, temporaire ou permanente dans les CHSLD. Sachant que les résidents des CHSLD sont particulièrement vulnérables à la COVID-19 et que le taux de décès dus à la maladie est grandement supérieur à la moyenne chez les personnes de 70 ans et plus, nos membres ont exprimé de grandes inquiétudes sur la sécurité et le bien-être des résidents, mais aussi du personnel en CHSLD qui, on le sait, est peu nombreux.

Il est important de rappeler que ces travailleurs de première ligne offrent des services et des soins de base au quotidien, tels que la préparation de repas et l’alimentation de résidents, des services d’hygiène personnelle, la distribution de médicaments, etc.

Le personnel qui travaille en zone chaude (où il y a des cas confirmés de coronavirus) risque à la fois d’être contaminé par un résident atteint de la COVID-19, mais également de propager le virus puisqu’il soigne plusieurs résidents en plus de côtoyer d’autres membres du personnel. Qui plus est, ce personnel a l’occasion de contaminer involontairement les personnes qu’il côtoie à l’extérieur de l’établissement où il travaille.

L’arrivée de futurs résidents asymptomatiques est également un enjeu inquiétant puisque les CHSLD ne disposent pas des mêmes mesures d’isolation qu’un hôpital ni des mêmes équipements et encore moins de personnel en nombre suffisant.

L’arrivée de ces nouveaux résidents atteints de COVID-19 ou asymptomatiques a le potentiel de causer une explosion de cas en augmentant de façon significative le nombre de personnes infectées et le nombre de décès. Les zones dites chaudes ne pourront pas suffire à la demande si une éclosion survient dans un CHSLD.

Pour éviter cette situation, qui augmente significativement le niveau de stress et d’anxiété du personnel, des résidents et de leurs proches, le Regroupement provincial des comités des usagers insiste pour que le ministère de la Santé et des Services sociaux mette fin à cette pratique avant qu’elle n’amplifie la crise. Le RPCU recommande d’explorer d’autres avenues qui prendront en compte la capacité d’accueil et les moyens limités des CHSLD et leur clientèle, l’une des plus vulnérables à la COVID-19.

Le RPCU, les comités des usagers et de résidents sont de tout cœur avec les usagers, les résidents et leurs proches en cette période de crise sanitaire. Nous voulons également remercier le personnel des établissements de santé et de services sociaux pour leur engagement indéfectible envers les usagers et leurs proches.

Continuons à être solidaires pour un avenir sans COVID-19.

Patricia M. Gagné, Directrice générale du Regroupement provincial des comités des usagers