Le secteur des produits forestiers nécessite des actions urgentes, indique le Conseil du patronat du Québec.

Des moteurs de croissance: pour assurer notre vitalité

POINT DE VUE / En prévision des élections fédérales qui se tiendront le 21 octobre, le Conseil du patronat du Québec partage ses priorités et ses réflexions sur divers enjeux dans une série de lettres ouvertes.

Alors que les élections fédérales sont officiellement lancées, le CPQ tient à rappeler aux partis l’importance de s’engager à mettre en place les mesures nécessaires pour assurer des conditions qui permettront une accélération tangible des moteurs de croissance, que sont l’entrepreneuriat, l’innovation, l’internationalisation, la diversification et une meilleure intégration dans les chaînes de valeur mondiales. Dans le contexte d’une économie mondiale à la trajectoire incertaine au cours des prochaines années, il est nécessaire de donner à l’ensemble de nos entreprises la capacité de se développer et de s’adapter pour assurer une croissance économique durable. 

À ce chapitre, le CPQ souligne certains domaines qui doivent bénéficier d’une attention particulière : 

Innovation et recherche

Il est indéniable que les entreprises doivent tout mettre en œuvre pour améliorer leur productivité et leur compétitivité. Ceci passe, entre autres, par de l’innovation et des investissements en R-D. Les grandes entreprises jouent un rôle de premier plan à ces égards. Une étude du CPQ a démontré qu’entre 2015 et 2017, 75% des grandes entreprises canadiennes ont introduit une innovation en matière de produits ou procédés, basée sur des données de Statistique Canada. Ainsi, plus il y a de ressources consacrées en R-D, plus grande sera la probabilité d’observer des percées technologiques dont les retombées bénéficieront à l’économie dans son ensemble. Or, les dépenses en R-D ont diminué considérablement au cours des dernières années. Pour renverser la vapeur, le gouvernement fédéral doit, par exemple, renforcer le crédit d’impôt pour la R-D, en le rendant remboursable pour les grandes entreprises. Ces crédits d’impôt pourraient aussi être renforcés pour fournir les incitatifs à la R-D en environnement, dans les technologies propres et dans les énergies renouvelables. Il faut aussi simplifier et accélérer les processus administratifs reliés à ces crédits d’impôt. 

Productivité

Un des défis majeurs pour notre économie, dans un contexte de mondialisation, est celui d’accroître la productivité de nos entreprises, ce qui passe par des investissements majeurs et des mesures d’accompagnement pour les employeurs. L’amélioration de l’accessibilité à un service Internet haute vitesse et la création de supergrappes, annoncées par le fédéral, sont de bonnes initiatives, mais il faut aller au-delà et s’assurer la mise en œuvre de stratégies plus concrètes au bénéfice de la productivité. Tout ceci passe aussi par l’accessibilité à une main-d’œuvre en quantité suffisante et adaptée aux besoins du marché de l’emploi, qui soit dotée des compétences nécessaires de base en numératie et littératie. 

De toutes tailles

Afin de renforcer les assises de l’économie nationale, il faut valoriser autant les petites et moyennes entreprises, qui représentent la très grande majorité de notre tissu économique, que les grandes. Ainsi, le CPQ considère que les partis doivent s’engager à mettre en place les conditions nécessaires pour attirer ces grandes entreprises, les garder et assurer leur compétitivité, et ce pour attirer des filiales étrangères qui investissent de manière tangible au pays, pour encourager le développement de coopératives, ou, et surtout, pour s’assurer de maintenir ici les sièges sociaux de grandes entreprises créatrices d’emplois bien rémunérés. De plus, la présence des grandes entreprises permet de favoriser l’émergence et la croissance de petites entreprises. Celles-ci, en retour, peuvent permettre aux grandes entreprises de diversifier leurs sources d’approvisionnement et d’innovation.

Commerce extérieur

La diversification des marchés internationaux est devenue un facteur fondamental de la stabilité économique du Canada, notamment dans le contexte actuel de protectionnisme croissant, surtout du côté américain. Il faut toutefois admettre que les États-Unis demeureront un partenaire commercial majeur. Il faudrait par ailleurs accompagner les entreprises afin qu’elles puissent tirer profit des débouchés découlant des nouveaux accords de libre-échange. Ceci passe entre autres par l’information et par une cohérence et une coordination de la présence des ressources gouvernementales à l’étranger. Aussi les associations qui représentent les entreprises et qui connaissent bien leurs réalités doivent avoir les ressources nécessaires pour les accompagner.

Si on apprécie les mesures adoptées dans le secteur de l’acier et de l’aluminium, il demeure que le secteur des produits forestiers nécessite quant à lui des actions urgentes. Le prochain gouvernement devrait les mettre en haut de sa liste de priorités. 

Conclusion

Se doter de bases solides pour assurer la vitalité économique du pays demande des actions concrètes et ce, dès maintenant. En s’engageant à agir rapidement pour permettre l’accélération des moteurs de croissance, les partis feront la démonstration qu’ils ont le bien-être de l’ensemble des citoyens à cœur.