Émile Loranger

Des maires trop longtemps au pouvoir?

POINT DE VUE / En 2017, lors des dernières élections municipales, selon les données statistiques du gouvernement du Québec, les élus sortants, donc en poste lors de la période 2013-2017, constituaient plus de 57 % des personnes qui avaient élues.

Des personnes peuvent siéger pendant une très longue période. Dans la région de Québec, on pourrait citer le maire Émile Loranger, maire de L’Ancienne-Lorette depuis novembre 2005, soit 14 ans, sans oublier la période où il avait également occupé ce poste soit de 1983 à 2001.

Ce maire a fait l’objet, ces derniers mois, de dénonciations pour manquements à l’éthique, notamment. Celui-ci vient de plaider coupable lors de sa comparution à la Commission municipale du Québec.

Des cas comme celui du maire Loranger, les médias en ont rapporté plusieurs depuis quelques mois, des maires qui paraissent ajuster les règles à leur volonté ou à leurs attentes. Ainsi, des maires ont été accusés de harcèlement psychologique, des maires ont pris seuls des décisions importantes sur toutes sortes de sujets alors que les conseillers auraient dû y participer, des maires fermement décidés à ne rien entendre de ce que les citoyens de leur ville pensent sur des dossiers importants analysés à la ville, etc.

Est-ce que le fait que ces personnes peuvent être en poste fort longtemps serait susceptible d’expliquer, en partie, la situation? Est-ce que ces personnes seraient tentées de voir leur ville, à toutes fins pratiques, comme leur domaine personnel, ce qui les inciterait à croire qu’elles peuvent décider de tout sans en référer à personne? Je ne sais trop, mais si le nombre de mandats auxquels ces maires peuvent siéger était limité — deux par exemple — ne permettrait pas d’améliorer la situation?

Certains pourraient dire que la réalisation de dossiers complexes requiert davantage de temps que huit ans à la tête d’une ville. Mais, à mes yeux, ce serait oublier que la vie et le développement d’une communauté, c’est une course à relais, si l’objectif retenu dans le cadre d’un dossier particulier fait consensus, nul doute que le dossier sera mené à terme par la personne en poste par la suite.