Des décisions injustes pour les aînés et les retraités

En réaction au Point de vue «Le gouvernement Couillard a appauvri les retraités» de René Paquette paru le 13 août

M. René Paquette, cadre retraité du gouvernement du Québec, faisait part de son point de vue dans le journal Le Soleil sur les décisions du gouvernement Couillard ayant pour effet d’appauvrir les retraités.

Je peux témoigner de cet état de fait, car nous le vivons présentement mon épouse et moi et j’aimerais y ajouter quelques commentaires. Ces décisions du gouvernement libéral prises à l’encontre des aînés et retraités de notre société m’apparaissent injustes et non respectueuses de cette portion de la société. Effectivement, ceux-ci ont contribué toute leur vie à la vie socio-économique communautaire du Québec et continuent d’y participer toujours sous plusieurs formes (impôts, taxes, consommation, bénévolat, etc.). Le projet de loi 126 gelant l’indexation de nos rentes de retraités, adopté en mai 2017 par nos élus, nous affecte directement et nous fait mal, ainsi qu’à toute la société. 

En effet, nos rentes seront gelées jusqu’en 2023 et seront également affectées par la suite de façon récurrente. Cela se traduira au total par des milliers de dollars en perte sèche pour nos quelque 28 000 retraités visés par ce projet de loi, ce qui implique également une baisse équivalente de consommation de toute sorte de notre part, au détriment de l’ensemble de la société. Il importe ici de préciser que les employés-cadres du gouvernement du Québec ont toujours payé leurs cotisations au régime de retraite, cotisations prélevées directement sur leurs payes. Le gouvernement du Québec pour sa part a cessé de verser sa contribution d’employeur (l’équivalant des cotisations du personnel-cadre versées au régime de retraite) à partir des années 90 et comptabilise cette dépense comme une dette!! Cette situation d’endettement qui se voulait d’abord temporaire persiste depuis plus de 20 ans et en plus, vise tous les employés du gouvernement du Québec!

À titre comparatif, c’est un peu comme si les deux parents d’une famille se partageaient en deux parties la gestion du budget familial hebdomadaire : un des deux membres de la famille payait sa portion directement à partir des revenus de sa paye et l’autre membre de la famille empruntait pour payer sa portion du budget (des dépenses d’épicerie). Il ne faut pas être devin pour savoir que le deuxième parent qui emprunte pour acquitter sa part du budget familial d’épiceries sera rapidement trop endetté et ne pourra plus verser sa contribution familiale. Ses uniques choix sont, soit de verser sa part déduite directement à partir de ses revenus périodiques ou de faire faillite ou enfin de demander à d’autres membres de la famille d’y contribuer. Ici, le gouvernement du Québec semble avoir choisi cette dernière avenue consistant à aller chercher l’argent dans les poches de ses retraités plutôt que de s’acquitter lui-même de ses obligations d’employeur en versant sa part à partir de ses revenus courants d’exploitation! Est-ce un geste responsable ou irresponsable et injuste (bris d’un contrat sociétal entre employeur et retraités)?

L’annonce depuis quelques semaines de nombreux investissements gouvernementaux dans plusieurs secteurs et activités économiques et présentant des milliards de dollars, nous laisse perplexes comme retraités ayant subi une telle coupure de nos revenus de retraite!

Jacques Ouimet, retraité du personnel-cadre du gouvernement du Québec, Lac-Beauport