Le Marché du Vieux-Port à Québec

Des commerçants ont peur de s'exprimer publiquement

Il y a, en principe, un régime démocratique à Québec, si on pense que l'équipe au pouvoir y a été élue. Un régime démocratique suppose le débat entre des voix susceptibles de porter des points de vue divergents, les élus devant se positionner en optant pour le bien commun, le bien du plus grand nombre et non pas d'intérêts particuliers.
Est-ce que tous peuvent s'exprimer librement à Québec? Cela semble présenter des difficultés quand on pense que des commerçants avaient demandé, lors du «5 à 7» organisé le 17 mai dernier au Véravin pour discuter de l'enjeu du Marché du Vieux-Port et de sa fermeture annoncée par la Ville pour décembre 2017, que les journalistes en soient exclus. Des commerçants ne voulaient pas être identifiés par la Ville. Un climat de peur a été évoqué d'ailleurs.
Quand on lit l'article de Normand Provencher paru dans Le Soleil du 28 juin intitulé «Nouveau projet pour le stationnement Maguire», le promoteur du projet, fondateur et ex-président du conseil d'administration de la Société de développement commercial (SDC) Maguire, François Joyet, souligne que «personne n'est prêt à parler publiquement», même si celui-ci avait déjà rallié 45 commerçants à ce projet présenté au moment où il présidait la SDC. Si personne n'est prêt à parler, on peut aisément parier que ces commerçants éprouvent eux aussi de la crainte à le faire.
Est-ce que ce n'est pas malsain d'obliger citoyens et commerçants à vivre dans un climat de peur? Est-ce qu'on est encore dans un régime démocratique quand cela se passe de cette manière, quand bien des gens estiment devoir se taire par crainte d'impacts négatifs pour leur réputation ou leur commerce?
Nicole Moreau, Québec