La Maison Jean-Eudes Bergeron d'Alma

Des centaines de Maison Jean-Eudes-Bergeron en difficulté

Depuis la publication de l'article de Patrick Lagacé, «Je ne retourne pas en CHSLD», d'autres ressources intermédiaires ont manifesté leur inquiétude. Hier, c'est un OBNL de la Gaspésie qui nous alarmait. En raison d'un déficit de 60 000 $, il devra fermer ses portes le 1er août prochain
La grande médiatisation du cas de la Maison Jean-Eudes-Bergeron a mis en lumière un problème flagrant qui prend de plus en plus d'ampleur depuis 2013. Le témoignage émouvant de M. Gino Lebel a éveillé la conscience populaire envers l'importance des ressources intermédiaires sur la qualité de vie et la dignité des résidents. Si le cas spécifique de la Maison Jean-Eudes-Bergeron semble connaître un dénouement positif, il ne faut surtout pas oublier que ce n'est pas un cas isolé. Ce n'est que la pointe de l'iceberg. Attendons-nous à d'autres drames comme celui de la Maison Jean-Eudes-Bergeron.
Les ressources intermédiaires d'hébergement à mi-chemin entre les soins à domicile et l'hébergement public permettent à des milliers de Québécois vulnérables, souvent atteints d'un handicap physique ou intellectuel, d'avoir accès à un milieu de vie, humain et adapté à leurs besoins. La ressource intermédiaire prend la relève alors que certaines familles n'ont plus les capacités pour le faire. Cependant, en raison du financement insuffisant et de l'outil de classification qui ne tient pas compte des besoins réels et de la fréquence des services requis par les résidents, les petites ressources intermédiaires, comme la Maison Jean-Eudes-Bergeron, se retrouvent souvent dans une grande précarité.
Concrètement, la pérennité de près de 200 petites ressources est mise à risque de fermeture, et ce, de Gaspé à Gatineau en passant par Alma et Varennes. C'est tout le Québec qui subit cette injustice. Il ne faut pas ignorer que le problème est généralisé dans le réseau des ressources intermédiaires
Nous réitérons notre offre de collaborer avec la ministre Lucie Charlebois pour trouver des solutions, et améliorer l'outil de classification, pour ainsi assurer les services nécessaires à des personnes vulnérables en évitant le déménagement de centaines de résidents. 
Prendre soin des personnes les plus vulnérables, dans le milieu des ressources intermédiaires, doit demeurer une priorité pour le gouvernement.
Johanne Pratte, directrice générale de l'Association des ressources intermédiaires d'hébergement du Québec