Selon notre lecteur, l’encadrement de l’industrie des calèches par la Ville de Québec sert de modèle pour toutes les villes offrant des tours de calèches. Les chevaux y sont donc très bien traités.

Des calèches qui traverseront le temps

En réaction au Point de vue «Des calèches d’un autre âge» de Mme Andrée O’Neill paru le 26 juillet

Les calèches à Québec ne subiront pas le même sort que celles de Montréal.

En tant que propriétaire de calèches et cocher, j’ai investi les 40 dernières années à prendre soin de mes chevaux comme la prunelle de mes yeux. Mon entreprise, les Calèches du Vieux-Québec, dispose de 15 chevaux pour deux permis de calèche, ce qui fait une rotation pendant la haute saison de trois à quatre chevaux par jour par calèche, soit un maximum de six heures de travail. Électrolytes, vitamines, huile végétale, moulée, foin, carottes, etc. Douche à l’arrivée à l’écurie, champ d’exercice, journée de repos entre les quarts de travail. Un vétérinaire suit chacun de leur dossier avec un examen Coggins, des vermifuges, vaccins contre l’influenza et le tétanos. Pendant l’hiver, plusieurs des chevaux s’en vont en famille d’accueil pour se reposer et profiter de promenades dans les sentiers ou pour travailler pendant la saison des sucres.

L’encadrement de l’industrie par la Ville de Québec sert de modèle pour toutes les villes offrant des tours de calèches. La Ville a su depuis toutes ces années adapter sa réglementation afin d’encadrer et d’assurer, par l’entremise de ses policiers et vétérinaires, le bien-être des chevaux. Elle a mis à la disposition de cette industrie, par exemple, un auvent pour protéger les chevaux du soleil ou de la pluie, quatre abreuvoirs sur le parcours, elle oblige les propriétaires à faire au moins une rotation des chevaux tous les jours avec un maximum de neuf heures de travail pendant l’été. Du 1er novembre au 30 avril, un cheval travaille rarement plus de huit heures et ne peut travailler plus de deux jours consécutifs, etc.

Les tours de calèches jouent un rôle de premier plan dans l’animation touristique à Québec. Les cochers sont des ambassadeurs pour la ville de Québec, car en plus de faire des tours guidés, ils informent et dirigent les touristes puisqu’ils sont présents, disponibles et accessibles partout dans les rues du Vieux-Québec. Particulièrement en hiver, les touristes sont bien heureux de pouvoir profiter de l’une des seules activités extérieures dans le Vieux-Québec sous de chaudes couvertures, un verre de chocolat chaud à la main.

Fidèle allié de l’humain depuis des temps immémoriaux, le cheval domestique est de loin l’animal qui a le plus contribué à l’évolution de la société humaine. Le cheval de trait plus particulièrement se rattache encore aujourd’hui à plusieurs métiers. Outre le tourisme, on l’emploie dans l’agriculture, les activités sportives, le commerce, la zoothérapie et, bien sûr, le transport. Le cheval de trait est puissant, grand et fort, pesant généralement plus de 1500 lb de muscles. Il ne faudrait pas sous-estimer ses capacités. Étant moins coûteux et moins polluant qu’un véhicule à moteur, on assiste d’ailleurs à un retour du cheval dans l’agriculture et même dans l’accomplissement de services municipaux, comme la collecte des ordures.

Plutôt que de s’acharner sur cette industrie non polluante et verte, agréable à regarder, et surtout ambassadrice faisant partie du paysage historique de la ville de Québec depuis toujours, ne devrions-nous pas montrer du doigt et nous tourner vers la place d’Armes en face du Château Frontenac, ce carrefour d’autobus, de camions lourds et de véhicules qui ne cessent de croître dans le Vieux-Québec et qui circulent, polluant du même souffle l’air du Vieux-Québec, les touristes et les résidents?

Danny Doyle, propriétaire des Calèches du Vieux-Québec