Le décès de la jeune fille à Granby a secoué le Québec.

Dérapage institutionnel

POINT DE VUE / J’écoute et je lis avec intérêt et une immense tristesse le parcours de vie de cette petite fille décédée tragiquement à Granby.

Je reconnais qu’il y a matière à enquête auprès des institutions qui auraient dû intervenir à la suite des nombreux signalements. Les politiciens, les journalistes et les chroniqueurs nous mentionnent des manquements potentiels de la DPJ, des services de police et du réseau scolaire. Mais qu’en est-il du système judiciaire?

Je crois comprendre qu’il y a eu des décisions prises par la Cour en ce qui concerne la garde de cet enfant et que celle-ci a été confiée à son père malgré les témoignages qui démontraient un danger potentiel, d’autant plus que la belle-mère semblait avoir été accusée de violence. Si tel est le cas, l’enquête doit aussi porter, à mon avis, sur les décisions prises par le ou les juges.

Dans notre société, il n’y a pas que la DPJ qui jouit d’une quasi-immunité. Notre système de justice est rarement confronté à des décisions prises. Très rarement, les juges sont confrontés à réagir publiquement à celles-ci.

Plusieurs chercheurs de nos universités québécoises étudient ce système et les conclusions de ces recherches sont assez alarmantes.

J’espère que les enquêtes nous permettront de comprendre les décisions prises par tous les intervenants, y compris ceux de notre système de justice.

En attendant, je déplore le fait qu’il y ait eu une petite victime innocente avant d’agir. Je suis aussi très affectée par ces nombreux témoignages de citoyens qui étaient témoins de la détresse de cet enfant et qui ne sont pas intervenus. Mais je peux comprendre que l’on veut éviter les problèmes ou que l’on se justifie à ne pas le faire alors que les gens qui possèdent le pouvoir ne le font pas eux-mêmes. C’est la conséquence du laxisme. En espérant que ces événements ne tombent pas dans l’oubli.