Le maire Régis Labeaume

Dépenses ou investissements en environnement?

En réaction à l’article «Québec prépare son pacte vert» du journaliste Jean-François Néron paru le 16 novembre.

Il est rassurant de lire dans Le Soleil que la Ville de Québec compte informer la population en début d’année sur «les gestes qu’elle compte poser pour l’environnement». 

En effet, les municipalités sont les endroits où les conséquences environnementales des changements climatiques sont les plus souvent ressenties, tel que l’on peut le constater de plus en plus clairement tant à Québec qu’ailleurs dans la province, au Canada et à travers le monde.

Par contre, il est étrange de lire que les mesures environnementales doivent être considérées «comme un coût au même titre que d’autres dépenses». Quand nos décideurs et gestionnaires politiques vont-ils modifier leur vision face aux «mesures environnementales» et cesser de les considérer comme des «coûts», alors que celles-ci sont clairement des «investissements» dont les «bénéfices» seront tangibles à court, à moyen et à long terme tant dans la municipalité qui les pose que chez les voisins plus ou moins rapprochés qui pourront être protégés, par exemple?

En effet, des mesures environnementales permettent de protéger notre «environnement», mais ce n’est pas tout. Protéger l’environnement a très souvent pour conséquence de protéger la «santé» des personnes qui vivent dans ce même environnement, tout en diminuant les conséquences financières des changements climatiques si ces gestes ne sont pas posés. Finalement, en se rappelant, par exemple, ce qui s’est passé récemment à Gatineau ou même dans le sud de la France, agir aujourd’hui pourra faire en sorte que des économies substantielles seront faites parce que de tels évènements auront été évités dans le futur.

Finalement, les municipalités où se produisent ces divers impacts ont un rôle stratégique à jouer face aux décideurs et gestionnaires politiques des niveaux supérieurs, qu’ils soient provinciaux ou fédéraux dans notre cas. Elles doivent se comporter comme des «champions» qui traduisent leurs vécus locaux en «messages» qui deviendront des «incitatifs incontournables» en ce qui a trait aux gestes à poser sur une plus grande échelle pour protéger notre environnement, mais également, par le fait même, notre santé et notre économie.

En conclusion, «agir aujourd’hui» en faveur de l’environnement, c’est faire des «investissements» dont les «profits et bénéfices futurs» dépasseront considérablement les «coûts actuels».

Pierre-André Côté, Québec