La conseillère municipale Chantal Gilbert dit avoir acquis et maintenant développé le terrain au coin de sa rue «pour protéger l'environnement de son quartier.»

Densification à Québec: à quelles conditions?

Les citoyens de Québec qui se sont engagés, ces dernières années, dans des procédures complexes menant à un référendum en raison d'un projet de construction, l'ont fait principalement parce que ces projets ne leur semblaient pas s'intégrer dans leur milieu. Ça a été le cas pour le projet de l'îlot Esso et pour le projet de l'îlot Irving.
Ces citoyens avaient été perçus dans les médias comme trop frileux et affligés, selon certains commentateurs, du syndrome «pas dans ma cour». Pourtant, ces projets modifiés après les référendums sont maintenant, de l'avis même des promoteurs concernés, meilleurs que ceux présentés à l'origine aux citoyens.
Il est intéressant de constater qu'un projet de développement immobilier est actuellement porté par trois personnes dont une membre de la Commission d'urbanisme de la Ville de Québec et une conseillère à la Ville, membre également du comité exécutif.
Selon l'article du Soleil intitulé «Un développement immobilier pour une conseillère municipale», Mme Gilbert dit avoir acquis et maintenant développé le terrain au coin de sa rue «pour protéger l'environnement de son quartier.» Le terrain a été acheté d'un voisin qui aurait eu l'intention d'y construire huit logements avec stationnement sur rue alors que le projet présenté par madame Gilbert comporte trois maisons de ville à un prix à partir de 350 000 $.
Mme Gilbert aurait été motivée par une considération citoyenne. Encore faut-il souligner que cela suppose des ressources financières suffisantes. Comme l'équipe Labeaume insiste beaucoup sur l'importance de la densification, on peut se poser des questions sur ce projet. Un projet de construction de huit logements ne semble pas, à première vue, une densification susceptible de nuire à la qualité de vie des citoyens aux alentours. Si bien qu'on peut s'interroger sur la nature des critères qui feraient qu'un projet de densification est acceptable ou non pour les membres de l'équipe Labeaume.
Nicole Moreau, Québec