Trois-Pistoles est l'une des villes avec une fragilité économique.

Démographie des régions du Québec: une prise de conscience collective essentielle!

POINT DE VUE / Le récent débat des derniers jours entourant l’indice de vitalité économique produit en 2016 par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), et les défis démographiques de plusieurs municipalités du Québec nous offre une belle occasion pour réfléchir collectivement sur les conséquences des transformations démographiques de nos régions.

Le récent débat des derniers jours entourant l’indice de vitalité économique produit en 2016 par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), et les défis démographiques de plusieurs municipalités du Québec nous offre une belle occasion pour réfléchir collectivement sur les conséquences des transformations démographiques de nos régions.

Au Québec, selon l’Institut de la statistique du Québec, il y a 478 localités de moins de 1000 habitants dont 233 sont fortement dévitalisées. Parmi elles, en 2018, 17,4% (83 municipalités) n’ont plus aucun commerce, comparativement à 11,6% en 2006.

Pour avoir une certaine prospective des milieux et pour aider mes clients à prendre conscience de la rapidité de la transformation démographique du Québec, je me base sur plusieurs indicateurs disponibles provenant de l’ISQ. Entre autres, j’analyse:

1. L’évolution de l’âge médian de la population d’ici 2031,

2. L’indice de remplacement des travailleurs, à savoir le nombre de personnes âgées de 20-29 ans disponible pour remplacer les 55-64 susceptibles de prendre leur retraite,

3. Le nombre de personnes de 20-64 ans disponibles pour travailler,

4. L’indice de vitalité économique des communautés de chacune des MRC du Québec,

5. Le pourcentage de la population vivant dans les localités avec une indice économique faible,

6. La proportion des localités de moins de 1000 habitants qui n’ont plus d’édifices de commerce de détail

7. Le taux de croissance annuel de la population par groupe d’âge.

Avec ces chiffres, on s’aperçoit que plusieurs communautés sont en déclin et qu’elles se doivent de réfléchir sur leur avenir, soit par le regroupement de service ou les fusions des municipalités. Ce que nous savons, c’est que le vieillissement de la population marié avec une relève trop peu présente va accélérer les bris de service partout au Québec qui sont déjà commencés. Alors, comment faire pour assurer la pérennité d’un milieu lorsqu’il n’y a pas de relève et de services?

Le Québec est un grand territoire avec des régions toutes plus belles les unes que les autres. Malheureusement, l’intensité économique dans les territoires est inégale. Et lorsque cette intensité économique n’est plus présente, les communautés doivent faire des choix pour assurer leur pérennité. Les travailleurs vont se déplacer là où il y a des emplois et où il y a des services à la population. Les villes centres auront un avantage au détriment des plus petites communautés qui diminueront leurs activités au fur et à mesure du vieillissement de leur population. C’est une question de temps. Si les communautés prennent trop de temps pour créer un point de bascule et identifier ce qui pourrait les démarquer, alors elles deviendront de plus en plus fragiles et vulnérables.

Pour moi, une communauté qui est fragilisée se doit d’avoir des données et statistiques pour prendre des décisions. Les chiffres sont là pour se mesurer, stimuler une communauté et prendre des décisions. Le choix appartient au milieu et c’est la conscientisation et le dynamisme de la population qui feront la différence.