Décontamination des sols: mieux que l’enfouissement

La situation des sols contaminés au Québec et le laisser-aller qui sévit depuis des décennies pourraient devenir choses du passé grâce à des technologies québécoises propres, opérationnelles et qui répondent aux critères les plus élevés en matière de développement durable.

En effet, on constate que des sols contenants des matières dangereuses sont enfouis un peu partout au Québec, par des gens mal intentionnés qui ne se soucient pas des dangers pour la santé des citoyens ou pour les risques à long terme pour l’environnement.

Plusieurs entreprises québécoises possèdent des solutions aux problématiques d’enfouissement illégal, de déplacement des sols et de risques inutiles pour l’environnement qui sont dénoncés depuis des années. Des entreprises qui se doivent d’obtenir, auprès du ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC), des certificats d’autorisation pour leur permettre de traiter correctement les sols afin qu’à terme, ceux-ci ne contiennent plus aucune trace de produit chimique ou toxique, le tout en utilisant une technologie propre qui permet de recycler les sols.

Pourtant, la majorité des contrats de décontamination obtenus par plusieurs de ces usines de décontamination proviennent encore aujourd’hui du reste du Canada et des États-Unis. L’entreprise RSI Environnement, au Saguenay, dont je suis propriétaire, est bien ancrée dans son milieu et s’est dotée des meilleures pratiques afin d’être socialement acceptée. Pourtant, uniquement 10 % à 15 % des sols que nous recevons proviennent du Québec, alors que de nombreux terrains québécois pourraient être réhabilités à 100 % grâce à nous, en évitant l’enfouissement.

L’agence de protection de l’environnement américaine a des exigences très élevées en matière de traçabilité des sols et pour traiter les sols provenant des États-Unis, et les entreprises comme RSI Environnement savent déjà comment se conformer aux exigences de l’agence, dont le MDDELCC pourrait s’inspirer, notamment en ce qui a trait aux manifestes de transport obligatoires. Des projets pilotes sont en place et c’est un pas dans la bonne direction. Mais nous pensons que des choses pourraient être faites rapidement afin de normaliser à l’échelle québécoise la traçabilité et la rendre obligatoire pour tous.

Abandonner l’enfouissement

Par ailleurs, il est faux de penser que les coûts de la décontamination thermique, technologie utilisée par RSI Environnement, sont plusieurs fois plus élevés que l’enfouissement. Au-delà de l’élimination complète des matières dangereuses dans les sols et du potentiel de réhabilitation de ces derniers au terme du processus, la possibilité de ne pas laisser de matières dangereuses dans l’environnement représente la solution la plus logique, c’est à n’en pas douter. La vérificatrice générale du Québec l’a dit dans son plus récent rapport, il est fondamental de «s’assurer d’accorder une priorité d’intervention aux terrains qui présentent des risques élevés pour la santé humaine et l’environnement».

RSI Environnement est la seule entreprise québécoise à posséder les certificats d’autorisation lui permettant de décontaminer les sols contenant des BPC et des dioxines et furanes, notamment. On ne parle pas de méthodes expérimentales ou de tests aux résultats imprévisibles, mais de solutions permanentes qui permettent d’obtenir un sol complètement propre, tout en évitant l’enfouissement, un cadeau empoisonné pour les générations futures.

La solution est somme toute assez simple. Les ministères responsables de rédiger des appels d’offre pour la réhabilitation de sols dans différents projets devraient spécifier les critères à respecter pour la décontamination, en conformité avec les orientations gouvernementales. Ce n’est actuellement pas le cas, et ce serait déjà un pas dans la bonne direction.

Les demandes mentionnées ici sont des demandes traditionnelles du Conseil des entreprises en technologie de l’environnement du Québec (CETEQ) et de Réseau Environnement, dont RSI est membre.

Les solutions existent; de surcroît, elles sont québécoises.

Jean-François Landry, président RSI Environnement