Bernard Landry

Décevante démonstration

Ainsi donc, M. Bernard Landry souhaite que le Québec se lance dans l'exploitation du pétrole. Malheureusement, les arguments qu'il a présentés ne convainquent pas. Il faut exploiter notre pétrole, dit-il, pour pouvoir continuer de nous payer des programmes sociaux, des services de santé, comme si l'exploitation d'une ressource naturelle garantissait automatiquement la richesse à un pays, le bien-être à ses habitants, comme si la pollution n'entraînait pas des dépenses pour les services de santé publics, comme si la corruption ou la cupidité ou la vénalité de certains personnages politiques n'allaient jamais faire pencher la balance du côté des industriels aux dépens du bien commun, comme si des lobbys n'interviendraient pas constamment pour que le régime des redevances soit aménagé en faveur de l'industrie.
Ainsi donc, M. Bernard Landry souhaite que le Québec se lance dans l'exploitation du pétrole. Malheureusement, les arguments qu'il a présentés ne convainquent pas. Il faut exploiter notre pétrole, dit-il, pour pouvoir continuer de nous payer des programmes sociaux, des services de santé, comme si l'exploitation d'une ressource naturelle garantissait automatiquement la richesse à un pays, le bien-être à ses habitants, comme si la pollution n'entraînait pas des dépenses pour les services de santé publics, comme si la corruption ou la cupidité ou la vénalité de certains personnages politiques n'allaient jamais faire pencher la balance du côté des industriels aux dépens du bien commun, comme si des lobbys n'interviendraient pas constamment pour que le régime des redevances soit aménagé en faveur de l'industrie.
M. Landry applaudit les énergies renouvelables, dit-il, mais il semble penser que rien ne presse pour les développer, qu'il faut que l'argent public du Québec serve d'abord à nous préparer à exploiter le pétrole (notamment à construire aux frais de l'État les infrastructures nécessaires aux entreprises qui exploiteront le pétrole?). On n'a pas entendu M. Landry parler de la richesse économique que créerait le développement d'énergies renouvelables au Québec.
M. Landry dit savoir que le risque zéro n'existe pas en matière d'exploitation pétrolière, mais il se montre convaincu que le pétrole pourra être exploité, au Québec, d'une manière exemplaire et que toutes les mesures de sécurité requises seront mises en oeuvre (ne dit-on pas la même chose quand on construit un oléoduc ou quand on permet à des trains chargés de produits dangereux de rouler dans des centre-villes?).
M. Landry compare la partie norvégienne de la Mer du Nord, où l'exploitation pétrolière présenterait un risque tout à fait acceptable selon lui, au golfe du Saint-Laurent, mais selon des experts ce sont des milieux passablement différents.
M. Landry dit aux habitants de l'île d'Anticosti et des îles de la Madeleine : vos îles n'appartiennent pas qu'à vous, elles appartiennent à tous les Québécois, et s'il faut dégrader votre milieu de vie pour satisfaire l'ensemble du Québec, on devra le dégrader.
M. Landry ne contredit pas les femmes et les hommes de science qui émettent des mises en garde contre les effets du réchauffement climatique, contre la détérioration de la planète, mais il ne semble pas comprendre que nous aurions intérêt à les écouter tout de suite.
Décevante, votre démonstration, M. Landry. Vous rêvez en couleurs.
Henriette et Roger Martel, Lévis