De l’amour pour les écoles du Québec

POINT DE VUE / Le premier ministre François Legault, selon qui «les écoles du Québec ont beaucoup manqué d’amour», et le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge viennent de donner le coup d’envoi d’un chantier qu’ils qualifient «d’un des plus importants de la prochaine décennie».

Une nouvelle génération d’écoles! Cet investissement record de 4 milliards $ vise à favoriser la réussite des élèves en leur offrant des écoles adaptées aux nouvelles méthodes d’enseignement et dont ils pourront être fiers, ce qui devrait les inciter à se dépasser. Entre autres, parce qu’ils pourront socialiser et dépenser leur énergie à l’intérieur d’espaces adaptés, sécuritaires, lumineux, et en présence du bleu fleurdelisé! Et qui plus est, pour le grand bénéfice des futurs usagers de ces écoles, dont les enseignants, en pénurie de main-d’œuvre, soit dit en passant. 

Que des dépenses soient consenties en éducation pour rénover nos écoles désuètes, pour retirer toutes sources potentielles de plomb des abreuvoirs, pour éliminer la présence de champignons ou autres moisissures, pour rénover les établissements vétustes, pour en agrandir certains et en construire de nouveaux, exclusivement en fonction des besoins essentiels préalablement identifiés, nous en convenons. Mais encore, il y a la santé aussi (pénurie de préposés aux bénéficiaires et besoins criants des aînés), l’environnement (changement climatique et économie verte), l’économie (accroissement de la productivité et création d’emplois bien rémunérés), etc.

Et ce, sans oublier votre promesse de remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois. Pour l’heure, un investissement de 4 milliards $ seulement en éducation, malgré le surplus budgétaire envisagé de 1,4 milliard $ pour 2019-2020, ne vous semble-t-il pas démesuré? Probablement, considérant que «la priorité d’une chose se mesure en fonction du besoin immédiat», dixit le proverbe.