De la beauté partout

En réaction à la chronique «Beauté oblige» de la journaliste Mylène Moisan parue le 9 février

Vendredi après-midi 8 février, voilà que le juge Francois Huot rend sa décision de donner une peine minimale de 40 ans à Alexandre Bissonnette. Comme tout le monde, je fus secouée par toute cette affaire en voyant la réaction de la communauté musulmane, même si j’accepte et comprends la décision du juge. Je me suis dit que jamais mes concitoyens ne retrouveraient la paix.

Samedi matin 9 février, je lis la chronique de Mylène Moisan Beauté oblige. Au premier abord, aucun lien entre le drame de la Mosquée et la chronique de Mme Moisan, car elle parle de la beauté, pas de celle qui, depuis si longtemps est le lot de la femme, mais d’une sorte de beauté que deux philosophes évoquent dans un plaidoyer, pour sauver la planète, la beauté des actions qui visent à la guérir, la beauté morale dont relève notre responsabilité de la protéger.

Tout en lisant ce texte, je n’ai pas cessé de faire des liens avec le drame vécu à la grande mosquée de Québec, il y a deux ans déjà. Jamais je n’ai perdu de vue l’horreur qu’ont vécu nos concitoyens de confession musulmane qui n’auront jamais assez d’une vie pour se remettre de ce drame qui a brisé leur vie ce 29 janvier 2017.

Mais un jour, quand le temps aura passé, que les plaies seront moins vives, il y aura peut-être des éclaircies pour se rappeler que dans cette terrible épreuve, on a pu voir de la beauté. La beauté du discours de l’imam Hassan Guillet au lendemain de la tuerie. La beauté de ce geste du même imam qui, vendredi lorsqu’il a fait son apparition dans la salle d’audience au palais de justice, a mis la main sur l’épaule du père d’Alexandre Bissonnette et lui a parlé à voix basse. La beauté des actions qui ont été posées par de nombreux Québécois pour soutenir la communauté musulmane, la beauté morale dont leurs proches, leurs concitoyens ont fait preuve pour les protéger.

On n’a pas vu seulement de la beauté, mais de la dignité, que les philosophes identifient comme la cause fondamentale de toute relation d’aide. Ils évoquent aussi l’amitié comme arme de lutte aux changements climatiques. L’amitié a certes joué un rôle dans cette dantesque épreuve de janvier 2017. J’imagine que des amitiés solides en sont nées et comme le disait Aristote : «Quand les hommes sont amis, il n’y a plus besoin de justice». Peut-être qu’il n’y a plus de violence non plus.

Ce texte de Mme Moisan qui rapporte les propos de ces philosophes m’a fait entrevoir de la lumière. S’il y en a pour la planète, pourquoi n’y en aurait-il pas pour assainir les relations humaines?

Marlène Gagnon, Québec