Le leader nord-coréen Kim Jong-un apparaît sur un écran de télévision d'une gare à Séoul, en Corée du Sud.

De Kim Jong-un à Donald Trump-zéro

Il ne s'agit pas ici de comparer des pommes et des oranges, mais plutôt deux citrons qui risquent d'être les grands gagnants du prix du même nom.
Évidemment, ces deux chefs suprêmes évoluent dans des sphères géopolitiques différentes. Des caractéristiques semblables nous amènent cependant à faire certains rapprochements entre ces deux personnages au caractère narcissique et provocateur.
Tous les deux ne s'embarrassent pas de contraintes institutionnelles. Si Trump est encadré par une Constitution qui limite ses pouvoirs, il tente par tous les moyens de la contourner. De même, comme son vis-à-vis coréen, il n'hésite pas à se débarrasser de conseillers et ministres qui ne suivent pas sa ligne autoritaire. Les deux s'entourent de marionnettes qu'ils peuvent contrôler à leur guise.
Profondément militaristes, ces deux leaders investissent énormément dans l'armement. Le budget militaire représente une partie importante du PNB de ces pays. Ces dépenses se font au détriment des plus démunis qui voient leurs conditions se détériorer. De plus, l'impulsivité de ces deux électrons libres les conduit à une surenchère du discours qui risque de provoquer des crises diplomatiques et guerrières.
Cultivant le culte de la personnalité, ils n'hésitent pas à contrôler la nouvelle. Dans le cas de Trump, s'il juge que la vérité médiatique est mensongère, il n'hésitera pas à inventer des mensonges qui, souvent répétés, se transformeront, l'espère-t-il, en vérités. Comme dans tout régime autoritaire, la propagande médiatique est une arme essentielle pour valoriser le leader. Si à Pyongyang les médias et le régime ne font qu'un, à Washington l'administration Trump a créé son propre canal de bonnes nouvelles qui encensent le chef suprême. Est-ce là une autre influence russe? Serait-ce une nouvelle façon de contrôler le message? D'ailleurs, comme l'affirmait si bien Marshall McLuhan, le médium n'est-il pas le message?
Si dans le cas de Kim Jong-un le pouvoir est héréditaire, la démocratie peut parfois faire émerger des tyrans qui, une fois élus, nous dévoilent leur vrai visage. Que ce soit en Russie, en Turquie, au Venezuela ou aux États-Unis, le populisme crée des monstres qui détournent les démocraties vers des formes inquiétantes de despotisme.
Marcel Perron, Neuville