Au-delà du sensationnalisme de la formule, il y a bien plus choquant: c’est cette tendance à réagir plutôt qu’à agir. La cyberdépendance est un fait qu’il faut prendre au sérieux. Et sérieusement, cela veut dire analyser intelligemment le phénomène.

Cyberdépendance: la prévention, la meilleure option

La cyberdépendance est un fléau? C’est du moins ce qu’avance, avec fracas, une enquête de l’émission J.E. à TVA. Tout de suite alors, on se lance dans la voie de la thérapie, pour venir au secours de nos jeunes qui sont avalés par le monstre Internet.

Au-delà du sensationnalisme de la formule, il y a bien plus choquant: c’est cette tendance à réagir plutôt qu’à agir. La cyberdépendance est un fait qu’il faut prendre au sérieux. Et sérieusement, cela veut dire analyser intelligemment le phénomène. Il y a des jeunes cyberdépendants dont il faut s’occuper sans délais, mais il y a bien davantage de jeunes qui ne le sont pas encore. Pourquoi attendre le pire avant d’agir?

Chaque dollar investi en prévention fera épargner bien plus en soins, en thérapie. Il est évidemment beaucoup plus coûteux d’intervenir pour soigner un jeune que pour lui enseigner les bons comportements avant que le pire ne survienne. Nos jeunes n’ont pas à subir la douleur et les problèmes qui accompagnent la dépendance. Il faut sans hésiter leur épargner cela en investissant d’urgence dans la prévention, dans la sensibilisation et l’information.

Les besoins sont là, nous le savons. Nous sommes régulièrement interpelés par les écoles, par les intervenants de la santé, par les ordres professionnels, pour former leur personnel afin qu’ils puissent faire de la prévention, chacun dans leur milieu. Là est la clé du succès.

En ces temps où on insiste sur l’importance de la saine gestion des finances publiques, où on souhaite maximiser l’effet de chaque dollar dépensé, il y a tout lieu de poser le bon geste, a priori plutôt qu’a posteriori. Le nouveau gouvernement en place à Québec devrait saisir l’occasion.

Apprendre les bons comportements permet à nos jeunes de profiter du meilleur de ce qu’internet a à leur offrir, tout en leur évitant d’inutiles malheurs et souffrances. Agir avec sagesse, plutôt que réagir à la détresse, en somme. Notre message est clair: empêchons le fléau de se réaliser.

Cathy Tétreault, directrice générale et fondatrice du Centre Cyber-aide