Anne Breton de Québec pose des questions au député de sa circonscription, Jonatan Julien, quant à la teneur de la réflexion que le gouvernement Legault a faite sur la rentrée scolaire dans les écoles du secondaire.
Anne Breton de Québec pose des questions au député de sa circonscription, Jonatan Julien, quant à la teneur de la réflexion que le gouvernement Legault a faite sur la rentrée scolaire dans les écoles du secondaire.

Cours à options au secondaire: lettre à mon député, Jonatan Julien

Anne Breton
Anne Breton
Québec
POINT DE VUE / Citoyenne de Charlesbourg depuis 35 ans, je vous écris ce matin pour une situation intenable. Avez-vous des enfants, M. Julien? Fréquentent-ils une école secondaire? Savez-vous face à quel casse-tête se retrouvent les membres de leur équipe-école?

Comment le confinement s’est-il passé chez vous? Avez-vous réussi à maintenir leur motivation? Considérez-vous qu’ils ont poursuivi leurs apprentissages? Souhaitez-vous que l’enseignement à distance reprenne pour eux?

Comment la rentrée s’est-elle effectuée chez vous? Dans l’enthousiasme ou la déception et l’incompréhension?

Avez-vous parlé récemment aux directeurs/trices des écoles secondaires de votre circonscription? Le principe des bulles au secondaire est inapplicable. Vous êtes un homme intelligent, M. Julien, vous voyez certainement comme moi l’incohérence totale que nous vivons présentement. Le matin, nos adolescents prennent l’autobus scolaire ou le RTC. Ils sont mêlés aux autres élèves ou citoyens. Ils arrivent à l’école, accèdent à leur casier (ou non, selon les décisions de chaque école). Ils et elles côtoient leurs amis qui ne font pas nécessairement partie de leur groupe-classe. Jusque là, tout va bien. Ils montent en classe et là, au moment où la cloche sonne, le fameux principe de bulle doit impérieusement s’appliquer, ordre du ministre Jean-François Roberge. Comment arriver à offrir à votre enfant le cours de math qui lui convient? Le bon niveau d’anglais? Son cours d’arts ou de danse?

Votre collègue a proposé que les élèves du deuxième cycle viennent à l’école un jour sur deux. Pouvez-vous lui demander de nous fournir la façon d’y arriver? Dans toutes les écoles secondaires du Québec, les responsables de l’organisation scolaire se creusent les méninges depuis le mois de juin, moment où le ministre Roberge a fait cette proposition, et c’est impossible.

Savez-vous dans quel état sont actuellement les dirigeants et les enseignants? Ils et elles sont à bout de nerfs. Savez-vous que votre collègue les a menacés alors qu’ils et elles tentent par tous les moyens permis par la Santé publique d’arriver à organiser une rentrée et une première étape les plus humaines et efficaces possible?

Une manifestation a eu lieu vendredi dernier à Québec, dénonçant l’illogisme et l’incohérence de la suspension du sport scolaire et des activités parascolaires. Votre gouvernement a réagi dans les heures qui ont suivi en faisant l’annonce d’une prochaine reprise de ces activités. La même logique doit s’appliquer pour les cours à options au secondaire.

Votre gouvernement s’apprête à lancer une campagne publicitaire afin de combler les nombreux postes vacants en enseignement; vous croyez que la situation actuelle est propice à rendre attrayante cette profession? J’enseigne depuis plus de trente ans dans ce milieu et je n’ai jamais senti l’ensemble du personnel de mon école si solidaire, soudé et prêt à relancer cette nouvelle année scolaire parce que nous sommes dévoués à notre mission: accueillir et éduquer nos jeunes. Cependant, tous et toutes sont d’avis que M. Roberge n’est pas l’homme de la situation, il en fait la démonstration depuis le premier jour du confinement.