Le leader nord-coréen Kim Jong-un, à Pyongyang, le 30 octobre.

Corée du Nord : le retour de la menace nucléaire

Le problème posé à la communauté internationale par la Corée du Nord remet sur la table en début de 2014 la possibilité d'une guerre nucléaire.
Le problème posé à la communauté internationale par la Corée du Nord remet sur la table en début de 2014 la possibilité d'une guerre nucléaire.
Dans un message diffusé par la télévision nationale nord-coréenne le 1er janvier, Kim Jong-Un a déclaré qu'il était prêt à utiliser l'arme nucléaire si la guerre éclatait dans la péninsule coréenne. Rappelons que, le 30 mars 2013, le président-dictateur nord-coréen a déclaré que son pays était en état de guerre contre la Corée du Sud. Le retrait de la Corée du Nord du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires en janvier 2003 laisse supposer que le pays pense à utiliser le site atomique de Yongbyon, qui est à 100 kilomètres au nord de Pyongyang, pour faire des bombes. Comme il a réitéré en 2014 sa menace de guerre nucléaire contre la péninsule coréenne, il doit être pris au sérieux. Les simulacres d'apaisement de l'Occident devant la menace de la Corée du Nord pourraient plus relever de l'inconscience ou de la peur que du pacifisme ou de l'humanisme.
Deux ans après la mort de son père, l'attitude du jeune dictateur du pays le plus fermé du monde n'inspire pas la confiance. L'exécution de son oncle Jang Song-Thaek montre qu'il dirige un régime qui fait peu de cas des droits de l'homme. Face à la constante et lancinante provocation nord-coréenne, Washington doit faire plus que d'accroître ses forces en Corée du Sud. Pyongyang a déjà procédé à son troisième essai nucléaire et a testé un missile longue portée. Les 800 hommes du bataillon de cavalerie blindée supplémentaire que les généraux des États-Unis vont déployer en Corée du Sud n'offrent aucune protection face à la menace d'une frappe nucléaire. Les chars et blindés ne pourront servir qu'à ramasser les restes des millions de morts qui joncheront les rues des deux Corée.
Face à ces provocations, les dirigeants du monde sont pris dans la position de la grenouille dans le chaudron d'eau sous lequel le dictateur augmente lentement le feu. Actuellement, ils font comme si la menace n'existait pas. L'assurance de la destruction du régime de Kim Jong-Un dans le cas d'une guerre nucléaire semble être l'argument ultime pour prévenir tout conflit. Les événements du 11 septembre 2001 montrent cependant qu'on ne peut ignorer indéfiniment un homme qui ne respecte pas la vie humaine et la cohabitation pacifique. Si les dirigeants du monde ne veulent pas sombrer dans une situation ou des interventions nucléaires à grande échelle sont nécessaires, ils devront éliminer de manière radicale et à très court terme les dangers à la paix mondiale et aux droits de l'homme que pose Kim Jong-Un sans pour autant tenter d'autres dirigeants de suivre ses traces par appât du gain.
Michel Gourd, L'Ascension-de-la-Patapédia