Concilier famille et travail: pas juste l’affaire des parents

POINT DE VUE / Ce n’est pas un secret, la recherche d’équilibre entre le rôle de parent et le travail est un défi important pour plusieurs Québécois, voire pour la société en général. Dans un contexte de rareté de main-d’œuvre, où l’attraction de nouveaux talents de même que la rétention des employés sont devenues incontournables, les mesures de conciliation famille-travail permettent aux organisations de se démarquer sur le marché de l’emploi.

La mise en place de ces mesures engendre des bienfaits non seulement sociaux et psychologiques, mais aussi économiques. Concrètement, elles permettent de diminuer l’absentéisme, d’améliorer la productivité et la motivation des employés, en plus de favoriser la diminution du stress parental. Les parents peuvent ainsi se rendre plus disponibles pour leur famille, ce qui contribue au bon développement des enfants.

En tant que société, nous devrions agir pour que tous les Québécois puissent avoir accès à ces mesures et se sentent moins déchirés entre leurs responsabilités familiales et professionnelles.

Déjà, un grand nombre d’employeurs offrent des mesures de conciliation famille-travail. Cependant, même si une majorité de parents disent y avoir accès, plusieurs d’entre eux semblent réticents à les utiliser. Pourquoi donc? Sont-elles adaptées à leurs besoins? Seront-ils mal perçus d’en bénéficier? Plus que jamais, il importe de favoriser un climat d’ouverture et d’écoute dans les organisations, pour que les parents se sentent encouragés et respectés lorsque vient le temps d’avoir recours aux mesures qui leur sont offertes, lorsqu’elles le sont. Notons qu’un grand nombre de travailleurs sont aux prises avec des horaires atypiques et n’ont pas accès à des mesures de conciliation famille-travail.

Ceci dit, valoriser et soutenir la conciliation famille-travail ne relève pas seulement des employeurs. Bien au contraire, il s’agit d’un enjeu qui concerne l’ensemble de la société et nous pouvons tous agir pour améliorer les choses. D’ailleurs, selon un sondage commandé par l’Observatoire des tout-petits, 83% des citoyens de la grande région de Québec sont d’accord avec le fait que le gouvernement et les municipalités devraient en faire plus pour encourager la mise en place de mesures de conciliation famille-travail.

Afin que la société puisse faire des choix justes et instaurer des mesures favorisant la conciliation famille-travail, qui correspondent aux besoins réels des familles, il serait bénéfique de voir, entre autres, un plus grand nombre de parents s’impliquer dans les instances décisionnelles. Et qu’en est-il des horaires de nos services publics (municipaux, communautaires, santé, services sociaux)? Ils pourraient certainement être mieux adaptés à la réalité du travail. D’ailleurs, c’est ce que veulent 47% des citoyens de la grande région de Québec, toujours selon le sondage commandé par l’Observatoire des tout-petits. Évidemment, il pourrait aussi être envisagé que le gouvernement encadre de façon plus précise l’offre de mesures de conciliation famille-travail, afin que tous puissent y avoir accès, peu importe leur horaire de travail ou leur niveau de scolarité. Finalement, les employés doivent eux aussi prendre part à la discussion en exprimant leurs besoins de façon claire à leurs employeurs.

Quant à nous, peu importe notre position dans une organisation, nous devons être conscients de l’impact que nous pouvons avoir sur nos collègues. Faisons-nous preuve de jugement, même inconsciemment, à l’égard de nos collègues parents?

Offrons aux Québécois un marché du travail qui permet de mieux concilier famille et emploi. Y contribuer, chacun d’entre nous, c’est offrir mieux aux familles, aux enfants, aux travailleurs, pour faire du Québec une société plus forte et prospère.

Cette lettre est cosignée par:
Marie-Ève Brunet Kitchen, ex-élue de la Ville de Montréal et directrice de la Fédération québécoise des organismes communautaires Famille
Amélie Landry, conseillère du district de Bienville, Ville de Lévis
Sébastien Lesage, président-directeur général, Le Canard Goulu Inc.
Steeve Verret, membre du comité exécutif et conseiller du district de Lac-Saint-Charles, Ville de Québec.

Les signataires seront tous panélistes à la table éditoriale portant sur la conciliation travail-famille organisée par Premières en affaires, en partenariat avec l’Observatoire des tout-petits.