L'auteur de la lettre encourage le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, à poursuivre ses efforts pour réduire l'influence des commissions scolaires.

Commissions scolaires de moins en moins pertinentes

L'éditorial du 15 août de Brigitte Breton, nommé Facture et fracture en éducation, lequel se rapporte aux dépenses que les parents devront assumer lors de la rentrée scolaire imminente au Québec, est plutôt inquiétant à plusieurs niveaux. Voici une nouvelle préoccupation.
Bien que les commissions scolaires se plaignent constamment d'un manque de fonds pour des fins éducatives, le mois dernier, des dizaines de commissaires ont participé au congrès annuel de l'Association canadienne des commissions scolaires (ACCCS) tenu dans un centre de villégiature plutôt luxueux à Whistler, en Colombie-Britannique. Comme d'habitude, les participants sont revenus sans rien à montrer au bénéfice des étudiants, des classes ou des écoles. Cette année, l'ACCCS compte un nouveau membre payant, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), laquelle représente 57 commissions scolaires et 862 617 étudiants. Évidemment, les parents devront assumer le coût de ces adhésions inutiles.
Dans son rapport annuel au congrès, l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec (ACSAQ) se plaint du projet de loi 105, lequel accorde fondamentalement plus de pouvoir décisionnel aux écoles par l'entremise des directeurs d'écoles et des conseils d'établissement. Ce projet de loi prévoit l'allocation de certains fonds du budget des commissions scolaires directement aux écoles. 
Les commissions scolaires perçoivent cette idée comme une abomination. Rappelons-nous qu'en avril 2014, le gouvernement libéral, mené par Philippe Couillard, a été élu par 1,7 million d'électeurs qui lui donnaient le mandat d'apporter une réforme aux commissions scolaires. Par contre, plus tard l'année dernière, environ 94 % de l'électorat n'a pas pris la peine de déposer un bulletin de vote lors des élections des commissions scolaires tenues en novembre. De plus, environ 43 % des sièges sont comblés par acclamation, signe, en effet, d'une très faible démocratie.
Les commissions scolaires anachroniques sont de moins en moins pertinentes dans la société actuelle de la haute technologie et d'Internet. De nos jours, les parents sont plus au courant de ce qui se passe au niveau de l'instruction de leurs enfants. Les Québécois ne donnent aucune importance à l'ACSAQ, la FCSQ ou l'ACCCS, car ce qui les importe le plus, c'est d'avoir des classes propres dans des écoles sécuritaires, et ils veulent que les frais scolaires soient dépensés judicieusement pour le bien de tous les élèves. Nous devons permettre au ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, de poursuivre ses efforts pour réduire l'influence des commissions scolaires, d'allouer plus de fonds aux écoles et de placer ceux qui travaillent directement avec les étudiants au centre même de notre réseau d'instruction publique. 
Chris Eustace, enseignant retraité, Montréal