La STLévis a mis fin au parcours d’autobus 19 pour le remplacer par un service de taxibus.
La STLévis a mis fin au parcours d’autobus 19 pour le remplacer par un service de taxibus.

Comment tuer un service de bus...

POINT DE VUE / J’habite Lévis, depuis 20 ans. Secteur Breakeyville, aux limites de Saint-Lambert. Je suis à environ 10 kilomètres des ponts et à deux minutes de l’autoroute 73.

J’ai trois enfants, de 13 à 20 ans. Depuis plusieurs années, ils ont commencé à travailler et, bien sûr, ils doivent se déplacer sur le territoire (vers Lévis, par exemple). Nous étions desservis par un autobus, qui offrait moins que le minimum pour être un service décent: aucun bus les fins de semaines, arrêt du service très tôt au retour du soir… Et ce bus était le seul à permettre une connexion vers le boulevard Guillaume-Couture pour aller soit à Lévis, soit à Québec.

Je viens de réaliser que post-COVID: pouf! Le service du parcours 19 n’existe plus. Il a été remplacé par un service de taxibus qui amènera les gens à un autre point de transfert pour après, aller vers le point sur Guillaume-Couture. Quelques heures pour se rendre au cégep (trois bus, en plus des temps d’attente interminables)! Donc, pas possible pour mes enfants de se déplacer de façon convenable jusqu’au point de transfert. La STLévis me répond: «Ce bus n’était pas assez utilisé!» On dirait que le plan était: comment offrir un service mauvais et attendre qu’il soit délaissé! Nos jeunes sont contraints à s’acheter une voiture, ce qui est complètement contre le principe de développement durable que nous essayons de leur transmettre et qui est mis de l’avant par la Ville de Lévis. Je paie mes taxes municipales et j’ai l’impression que nous sommes des oubliés. Toute l’énergie est mise pour développer le tronçon de Guillaume-Couture dans le plan de l’administration Lehouillier. Avec une telle philosophie — laisser mourir le transport collectif pour les régions en périphérie —, c’est une pression directe pour que les citoyens délaissent ce moyen de transport. Le virage vert de la Ville n’est pas conséquent et sert, encore une fois, les secteurs centraux qui ont de toutes les façons, beaucoup moins besoin de ces services. Vive la voiture! Nous n’avons rien appris comme société.