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Isabelle Melançon
Isabelle Melançon

Comment ça SI?

Isabelle Melançon
Isabelle Melançon
députée de Verdun et porte-parole de l’opposition officielle en matière de Condition féminine
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POINT DE VUE / La pandémie a particulièrement été difficile pour les femmes. Il s’agit du plus grand recul jamais connu pour leur situation économique et sociale. Pertes d’emplois, précarité financière, charge mentale et augmentation majeure de cas de violence conjugale.

L’isolement est le pire ennemi pour les femmes victimes de violence conjugale, car elles tombent sous le joug du conjoint violent, et ce, à l’abri des regards des autres. Dès mars 2020, les spécialistes levaient le drapeau rouge afin de mettre en garde les décideurs sur les risques de voir les cas de violence augmenter en flèche. Malheureusement cette prédiction s’est avérée bien réelle. Non seulement les cas sont plus nombreux, mais la violence est plus grande et les statistiques le prouvent. Selon les corps policiers, il y a eu augmentation de 45 % des accusations pour violence conjugale et hausse de 12 % des signalements de violence conjugale. La ligne d’assistance téléphonique pour les femmes victimes de violence a enregistré une hausse de 60 % des appels pendant la deuxième vague. Sans compter les 300 tentatives de meurtres de femmes non rapportées que la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes a compilé.

Cela fait un an que les responsables des maisons d’hébergement tentent de répondre à la demande, mais le fléau est tel que de trop nombreuses victimes se voient refuser l’accès à cause du manque de places dans les maisons qui débordent. Ces femmes doivent demeurer dans le foyer violent et vivre cette violence, souvent avec leurs enfants. Est-ce acceptable? NON! Pour répondre à la crise, le gouvernement caquiste a annoncé la mince somme de soit 4,5M$ par année pendant 5 ans pour les ressources en hébergement. Tous les intervenants du milieu ont décrié l’insuffisance de cette annonce.

Lorsque j’ai entendu le ministre des Finances Eric Girard dire lors du budget que «S’il y a des besoins pour les victimes de violence conjugale, nous allons débourser des sommes supplémentaires». J’étais estomaquée, choquée, outrée. Comment ça, SI?7 féminicides en 7 semaines. Elisapee, Marly, Nancy, Sylvie, Myriam, Nadège et Rebekah ça ne vous dit donc rien? Comment ça, SI? Des appels à répétition des maisons d’hébergement de femmes pour obtenir plus d’argent afin de créer des places supplémentaires et éviter de retourner des femmes aux mains de leur agresseur. Comment ça, SI? La ministre de la Condition féminine Isabelle Charest n’a donc pas fait de représentation auprès du ministre des Finances pour obtenir plus de financement pour les maisons d’hébergement?

Si cet enjeu de société a échappé au ministre des Finances soit! Je l’invite DÈS AUJOURD’HUI à corriger son erreur et à annoncer les sommes nécessaires afin que les maisons d’hébergement puissent ouvrir rapidement de nouvelles places pour accueillir celles qui subissent la violence dans leur foyer. Il faut le faire maintenant car, après cette année de confinement au Québec, la prochaine étape, celle du déconfinement, amènera son lot de violence aussi. Encore une fois, ce sont les spécialistes qui le disent… c’est prévisible! Allez monsieur le ministre, le temps est à l’action pour les femmes!