Comité des politiques publiques

Principal regroupement d'économistes québécois et comptant quelques 700 membres, l'Association des économistes québécois se donne comme objectif d'intervenir de façon crédible et impartiale sur les enjeux économiques qui confrontent la société québécoise. À cette fin, elle a mis sur pied un Comité des politiques publiques constitué d'économistes ayant des compétences et des expériences diversifiées dans les milieux universitaires, privés et gouvernementaux.
Principal regroupement d'économistes québécois et comptant quelques 700 membres, l'Association des économistes québécois se donne comme objectif d'intervenir de façon crédible et impartiale sur les enjeux économiques qui confrontent la société québécoise. À cette fin, elle a mis sur pied un Comité des politiques publiques constitué d'économistes ayant des compétences et des expériences diversifiées dans les milieux universitaires, privés et gouvernementaux.
Au cours de la campagne électorale qui vient de s'amorcer, les partis politiques proposeront des programmes et des mesures susceptibles d'avoir des conséquences sensibles sur les budgets gouvernementaux, sur la dette publique et sur la fiscalité et, par le fait même, sur la compétitivité de l'économie québécoise. Or, il est difficile pour la population et pour les analystes de comparer et d'évaluer ces conséquences alors que les programmes électoraux sont souvent présentés à la pièce et selon des formats, des méthodologies et des horizons temporels qui varient d'un parti à l'autre.
Aussi, le Comité des politiques publiques de l'Association des économistes québécois invite les principaux partis politiques à déposer le plus tôt possible au cours de la présente campagne le cadre budgétaire et financier sur lequel s'appuient leurs engagements électoraux. Pour des fins de comparabilité, ces cadres budgétaires et financiers devraient être élaborés selon certaines caractéristiques communes, à savoir:
- porter sur la durée possible d'un prochain mandat gouvernemental, soit les cinq années budgétaires allant de 2014-2015 à 2018-2019 inclusivement;
- faire état pour chacune de ces années, de l'évolution:
- des revenus, des dépenses et du solde budgétaire en découlant;
- de la dette brute ainsi que de la valeur comptable du Fonds des générations;
- prendre comme scénario de référence les données et les projections apparaissant au budget déposé par le ministre des Finances le 20 février dernier
- montrer les écarts par rapport au scénario de référence entrainés par les engagements électoraux.
De plus, en présentant son cadre budgétaire et financier pluriannuel, nous croyons que chaque parti politique devrait préciser les hypothèses sur lesquelles ce cadre a été élaboré, soit notamment:
- les divergences à l'égard des données et des projections du scénario de référence,
- le coût des améliorations ou ajouts proposés aux programmes et projets existants,
- les économies escomptées de l'abandon ou de la réduction des programmes ou des projets existants,
- les modifications dans un sens ou dans l'autre des sources de revenus autonomes du gouvernement : impôts, taxes, tarifs, dividendes des sociétés d'État, etc.,
- l'évolution des principales variables qui affectent les revenus et les dépenses de l'État :
- la croissance économique;
- la croissance des revenus;
- la croissance des dépenses;
- le coût de financement de la dette;
- etc.
Tout en uniformisant les règles du jeu, nous croyons que la présentation de ces informations au cours de la présente campagne électorale permettra aux électeurs et aux analystes de mieux voir les conséquences économiques des mesures proposées par les différents partis.
Nous espérons vivement que tous les partis donneront suite à notre recommandation.
Collectif d'auteurs
ou
Jean-Pierre Aubry, retraité de la Banque du Canada, fellow Cirano
Bernard Barrucco, directeur général, Association des économistes québécois
Charles Carrier, professeur retraité, Université Laval
Ronald Carré, économiste consultant
Jean-Claude Cloutier, économiste consultant
Jean-Michel Cousineau, professeur, École de relations industrielles, Université de Montréal et président du Comité des politiques publiques de l'Association des économistes québécois
André Delisle, économiste, ancien sous-ministre aux Finances
François Delorme, chargé de cours, Université de Sherbrooke
Pierre Fortin, professeur émérite, Université du Québec à Montréal
Luc Godbout, professeur, fiscaliste, Université de Sherbrooke
Marcelin Joanis, professeur, Université de Sherbrooke
Thérèse Laflèche, consultante en économie
Jean-Luc Landry, président, Gestion de portefeuille Landry
Mario Lefebvre, président-directeur général, Institut de développement urbain du Québec
Jean-Pierre Lessard, économiste et directeur principal, KPMG-Secor
Marcel Mérette, président, Association des économistes québécois