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«La popularité grandissante de la rivière Bonaventure a entraîné une hausse constante de l’achalandage sur le cours d’eau ces dernières années, provoquant d’importants enjeux de cohabitation entre les propriétaires riverains, les pêcheurs, les baigneurs et les descendeurs en embarcation», écrit André Hébert, président de la ZEC de la rivière Bonaventure.
«La popularité grandissante de la rivière Bonaventure a entraîné une hausse constante de l’achalandage sur le cours d’eau ces dernières années, provoquant d’importants enjeux de cohabitation entre les propriétaires riverains, les pêcheurs, les baigneurs et les descendeurs en embarcation», écrit André Hébert, président de la ZEC de la rivière Bonaventure.

Cohabitation sur la rivière Bonaventure : au bénéfice de tous les usagers

André Hébert
André Hébert
Président, ZEC de la rivière Bonaventure
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RÉPLIQUE / La ZEC de la rivière Bonaventure a dévoilé cette semaine les détails d’un Plan global de cohabitation visant à encadrer les activités récréatives sur son territoire et à préserver l’écosystème de ce joyau de la Gaspésie, reconnue à travers le monde pour sa limpidité exceptionnelle. 

Dans un article paru mercredi dans Le Soleil, on présentait cette démarche comme un «bras de fee » opposant les pêcheurs au saumon, d’un côté, et les autres usagers de la rivière, de l’autre. Ce portrait polarisé de la situation n’est malheureusement pas fidèle à la réalité.

Un vaste consensus régional

La popularité grandissante de la rivière Bonaventure a entraîné une hausse constante de l’achalandage sur le cours d’eau ces dernières années, provoquant d’importants enjeux de cohabitation entre les propriétaires riverains, les pêcheurs, les baigneurs et les descendeurs en embarcation. La pollution des berges est décriée par un nombre croissant de citoyens, tandis que des analyses confirment une dégradation de la qualité de l’eau.

Ces enjeux ont été exacerbés à l’été 2020. Le nombre de plaintes formulées à la ZEC, gestionnaire du territoire, a explosé. À l’automne, avec la collaboration du CIRADD, un centre de recherche spécialisé en développement durable, la ZEC a donc mis sur pied une table de concertation réunissant une douzaine de partenaires.

Ainsi, le plan proposé cette semaine n’est pas celui des « pêcheurs au saumon », comme certains aiment le laisser entendre, mais bien des acteurs suivants : la Ville de Bonaventure, les municipalités de St-Alphonse et de St-Elzéar, la MRC de Bonaventure, le Conseil régional de l’Environnement Gaspésie/les Îles, le Conseil de l’Eau Gaspésie Sud, le Bioparc de la Gaspésie, le Domaine des Chutes du ruisseau creux, Le Malin inc., Le Camp Bonaventure, l’Association des propriétaires du lit de la rivière Bonaventure et l’Association des propriétaires riverains de la rivière Bonaventure.

Qualité de l’expérience, plutôt que tourisme de masse

L’ensemble des activités qui étaient permises sur la rivière Bonaventure le seront encore. La vision des partenaires est toutefois de favoriser la qualité de l’expérience, plutôt que le tourisme de masse. Le plan prévoit l’enregistrement obligatoire des descendeurs en embarcation, une tarification de base et des limites maximales d’usagers quotidiens par secteur, notamment pour le volet commercial. La baignade demeurera libre et gratuite pour tous, n’étant interdite qu’à proximité d’une quantité limitée de fosses à saumon. Les nombreuses règles et tarifs applicables à la pêche sportive resteront en vigueur.

Réagissant à ces mesures – similaires à celles adoptées par plusieurs ZEC au Québec – les représentants d’une entreprise faisant des affaires sur la Bonaventure ont affirmé craindre « une privatisation de la rivière » et dénoncé une volonté de « diminuer l’accès à la population pour donner l’accès aux pêcheurs. » Ces affirmations sont tordues et sans fondement. Selon le plan proposé, il y aura trois fois plus de descendeurs qui pourront emprunter la rivière chaque jour que le nombre moyen de pêcheurs quotidiens.

La ZEC est une organisation à but non lucratif mandatée par le gouvernement du Québec pour encadrer l’aménagement, l’exploitation et la conservation de la faune, mais aussi faciliter l’accessibilité au territoire pour tous les usagers. Nous sommes conscients des impacts que ces changements pourraient avoir sur les entreprises faisant des profits depuis longtemps en commercialisant l’accès à la Bonaventure, mais cette rivière est un joyau collectif qui appartient à toute la population. Nous ne pouvons tolérer un laisser-aller pour satisfaire le modèle d’affaires d’une seule entreprise privée.


Toujours dans une optique d’accessibilité, des discussions se poursuivent avec le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs et les décideurs locaux pour trouver une alternative permettant de réduire, voire d’éliminer la tarification proposée pour la population de la MRC de Bonaventure. Dans tous les scénarios, la totalité des sommes perçues dans le cadre de ce plan sera réinvestie dans la protection de la rivière, l’amélioration des installations, l’encadrement et la sensibilisation.


Évidemment, les préoccupations des citoyens de la Gaspésie et d’ailleurs au Québec face à de tels changements sont légitimes. Depuis le début, nous souhaitons toutefois que le dialogue soit constructif, basé sur des faits et tourné vers la recherche de solutions durables.