Le directeur général du conseil de bande de Wôlinak, Dave Bernard, à la suite de l'adoption du nouveau code d'appartenance des Abénakis.

Code d'appartenance ou d'exclusion?

La lecture du nouveau code d'appartenance chez une communauté autochtone de la région du Centre-du-Québec m'a fait sourciller et fait faire ce constat déplorable et désolant, mais bien réel que l'exclusion était très vivante en notre pays du Québec et du Canada; des lois québécoises et canadiennes semblent bénir l'exclusion pour des considérations raciales et de pureté de celle-ci. Ai-je bien lu ? Je le crains. Lisons ce que rapporte Le Nouvelliste du 6 mars dernier : «Radiation de 186 membres de la liste de la communauté autochtone. Le conseil de bande souhaite ainsi préserver les origines génétiques des Abénakis.»
«On regardait la généalogie des membres et on voyait qu'on commençait à diluer beaucoup la race. L'administration du conseil de bande soutient que le financement accordé par le fédéral était dilué en raison du trop grand nombre de membres non statués. "C'était illogique, car c'était les membres statués qui doivent bénéficier des services" a ajouté le directeur général de Wôlinak.»
De quoi parlons-nous ici? De traditions et de cultures ou de génétique et de race humaine? Parlons-nous de diversité et de logique de la nature des femmes et des hommes ou d'une gestion administrative et financière d'une communauté qui craint sa perte d'identité? Entre le code de vie d'Hérouxville et le code d'appartenance de Wôlinak, vivons-nous une saine humanité de citoyens avides de vivre ensemble et en paix?
Les sujets de discordes ou de division peuvent se compter par millions : ils sont probablement aussi nombreux qu'il y a d'humains sur la planète, et donc, l'exclusion par les uns et par les autres est un danger qui nous guette tous en tout temps dans nos sociétés et institutions. 
Rappelons-nous le peuple allemand et sa phobie envers les juifs; rappelons-nous le Mouvement Desjardins qui instaurait en 2010 deux règlements de régie interne en vue d'exclure celles et ceux qui pouvaient tenir des propos offensants sur Desjardins et ses dirigeants; pensons à Trump qui refait l'histoire par ses décrets présidentiels au nom de la sécurité des citoyens de son pays. Sommes-nous au seuil d'une nouvelle bêtise qui réduira en poussière des millions de victimes innocentes pour strictement rien?
«L'exclusion est une violence», nous dit Paul Ricoeur. Les sociétés québécoises et canadiennes seraient-elles des lieux qui favorisent par ses lois la violence, le racisme, l'eugénisme et la guerre? Quand l'intransigeance et l'intolérance font loi, la guerre qui tue est latente, même au Québec!
François Champoux, Trois-Rivières