Chers profs, merci de ne pas être des machines!

En cette semaine des enseignants qui vient de se terminer, je me permets cette réflexion que je partage avec vous.

Entendez-vous parfois l’expression : «Cette personne est une machine!»? À l’école secondaire où je suis directrice, j’entends souvent «Ce prof, c’est une machine!» ou «Cet élève, c’est une machine!». Eh bien, non! Aucun prof n’est une machine et aucun élève n’est une machine. Les enseignants et les élèves dans les écoles sont encore des humains, malgré les progrès des technologies et les avancées de l’intelligence artificielle. 

Les robots ne remplaceront jamais complètement les enseignants et les liens extraordinaires qui se tissent entre ces humains que je côtoie quotidiennement. 

Puisque les élèves et les profs sont des humains et qu’une année scolaire dure 180 jours de classe, expliquez-moi comment fait-on pour ajouter sans cesse, depuis 20 ans, des savoirs et des contenus obligatoires dans les programmes prescrits par le ministère? Des contenus mathématiques qui étaient vus en 5secondaire ont été rétrogradés en 4e secondaire et même en 3e afin d’insérer de nouvelles notions. 

Depuis deux ans, les ministres de l’Éducation ont ajouté des contenus obligatoires en début d’année : cours de secourisme et RCR, éducation à la vie économique en 4secondaire, éducation à la sexualité à chaque niveau en plus des notions en orientation professionnelle. 

Il est vrai que ce sont des savoirs importants dans la vie d’un élève et je reconnais ce besoin. La difficulté, c’est qu’on ajoute chaque fois des notions et des compétences, mais jamais on n’en retire des programmes. Pourtant, les journées continuent à avoir 24 heures et les années scolaires 180 jours. Ce doit être extrêmement difficile de prendre la décision de retirer des savoirs enseignés depuis 50 ou 100 ans. Il faudra pourtant s’y résoudre, car on ne pourra pas indéfiniment ajouter des contenus puisque le temps n’est pas extensible et que ni les élèves ni les enseignants «ne sont des machines».

Merci, chers enseignantes et enseignants, de ne pas être des machines.

Elizabeth Fortin, directrice