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Changements de masques

Membres du collectif COVID-STOP
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POINT DE VUE / Nous savons depuis plusieurs mois que les aérosols sont le mode principal de transmission de la COVID-19. C’est une des raisons pour lesquelles le masque, barrière efficace contre cette transmission, est maintenant exigé dans les endroits publics, et essentiel dans des endroits comme les cliniques, pharmacies et hôpitaux.

Depuis le 15 mars, suite à la publication du document intitulé «Adaptations de procédures habituelles de vaccination pour une clinique de vaccination dans le contexte de la COVID-19» par le MSSS, la politique du gouvernement oblige la remise d’un masque d’intervention (ou de procédure) à chaque patient, peu importe la qualité, le type ou l’ajustement du masque déjà porté. Des politiques similaires existent dans d’autres milieux.

Nous comprenons que des balises ont été mises en place pour s’assurer que tous aient un masque de qualité et pour assurer la sécurité autant de la personne qui le porte que ceux qui l’entourent. Il est évident, aussi, que tous les masques ne se valent pas: un simple foulard de soie n’a pas la même efficacité qu’un masque en tissu triple épaisseur en coton, qui lui est moins efficace qu’un masque de procédure homologué... qui à son tour n’est pas aussi efficace qu’un masque KN95/N95.

Cependant, la qualité et le type de fabrication des masques ne sont pas les seules caractéristiques qui ont un impact sur l’efficacité de ceux-ci! Les aérosols étant de fines particules, elles vont s’échapper d’un masque mal ajusté qui glisse sous le nez, qui bâille aux joues ou sous le menton, etc.

Si le but du MSSS est de mieux protéger le public et le personnel en fournissant des masques de meilleure qualité, la procédure par laquelle cette directive est appliquée est irrationnelle et dangereuse.

Trop souvent, on exige de personnes portant un masque de qualité et bien ajusté de l’enlever et de changer pour un masque de procédure, parfois de qualité inférieure. On refuse même souvent que des personnes utilisent le masque de procédure fourni par-dessus leur masque personnel alors que cela ne diminue pas leur efficacité.

Surtout, on effectue ces changements de masques à la file, en général dans des endroits mal ventilés. On se concentre sur le lavage des mains pendant que les gens attendent et, un après l’autre, enlèvent leur masque et demeurent sans protection là où les aérosols s’accumulent!

Il faudrait plutôt former le personnel qui occupe ces postes de vérification afin qu’il puisse reconnaître les différents masques et favoriser le port d’un masque bien ajusté et de qualité.

Il ne faudrait jamais forcer quelqu’un à enlever un masque de meilleure qualité pour le remplacer par un masque d’une qualité inférieure. Si le gouvernement tient absolument à obliger le port du masque fourni, il faudrait permettre de l’utiliser comme deuxième masque placé par-dessus celui déjà porté. Enfin, il faudrait déplacer les postes de vérification dans des endroits ventilés et s’assurer que la personne qui enlève son masque puisse le faire en toute sécurité avec une distanciation physique adéquate des autres personnes, voire à l’extérieur.

Nos connaissances ont évolué, on doit s’adapter!

Annie-Danielle Grenier, patiente et communicatrice en maladies rares

Daron Basmadjian, pharmacien

Dre Lisa Iannattone, médecin