Valérie Boucher fut très heureuse d’avoir accès à un médecin, un dimanche matin de janvier 2017, au sans rendez-vous de la Polyclinique médicale Val-Bélair. Ce spécialiste, considère-t-elle, lui a sauvé la vie.

C’est au sans rendez-vous qu’on m’a sauvé la vie

Lettre au ministre de la Santé, le Dr Gaétan Barrette

Lundi soir, 22 janvier 2018, je me rends à la Polyclinique Val-Bélair pour serrer dans mes bras le médecin qui, je considère, m’a sauvé la vie. Accompagnée de mes parents qui sont tout aussi reconnaissants que moi, j’explique à cet homme comment ma vie a basculé un an plus tôt jour pour jour.

Toute cette galère a commencé en novembre 2016, je découvre alors plusieurs taches au niveau de ma poitrine. Je ressens aussi d’énormes maux de tête. Ça tombe bien, j’ai mon rendez-vous annuel avec ma médecin de famille le 6 décembre. Je lui montre les taches et lui parle des maux de tête. Pour la première cause, elle consulte une collègue et toutes les deux croient à du pityriasis rosé de Gibert. Cela devrait partir dans quatre semaines environ. Pour les maux de tête, on me recommande de poursuivre la chiropractie et la physiothérapie.

Mi-janvier, les taches sont toujours présentes et se déplacent sur mon corps. Je me sens grippée et fiévreuse. Je retourne consulter à l’urgence cette fois-ci. L’urgentologue diagnostique une sinusite (sans même me faire passer de radiographie). Elle me prescrit des antibiotiques. Je lui demande : «Et pour les taches Docteure?» Elle ne se lève même pas de sa chaise et me demande à son tour ce que m’a répondu ma médecin de famille… Elle abonde dans le même sens, mais dit que c’est plus long que quatre semaines. Je patiente donc.

C’est là qu’intervient ce docteur sauveur. À bout de nerfs, toujours fiévreuse, grippée et plaquée, j’appelle pour rencontrer un médecin du sans rendez-vous de la Polyclinique. Même si je n’ai pas de médecin de famille à cette clinique, je peux quand même être traitée au sans rendez-vous. Celui-ci a pris le temps de m’écouter, de me poser des questions, de me faire passer une radiographie des sinus, de m’examiner et de palper la peau tachée au niveau des jambes. Il veut absolument que j’aille passer des prises de sang le jour même, car les taches indiquent qu’il y a un problème avec mon sang.

Ce soir-là de janvier 2017, le diagnostic est tombé, j’ai une leucémie (cancer du sang). Un an plus tard, c’était donc important pour moi d’aller remercier ce médecin qui m’avait prise au sérieux. En allant le voir, lui et sa collègue m’ont annoncé que le service de sans rendez-vous offert à la population (même celle n’ayant pas de médecin de famille à cet endroit, ce qui était mon cas) serait probablement interrompu. Cela ne relève pas de leur ressort, mais plutôt d’une décision du Ministère. Pour le Gouvernement, c’est tout ou rien! Si tu ne peux pas offrir un nombre X d’heures établies par le ministère autant ne pas en offrir du tout! 

Je suis outrée et apeurée de cette possible interruption de service. Cela signifie que si mon histoire était arrivée plus tard, je n’aurais pas pu consulter à cette clinique. Le genre de service qu’offre la Polyclinique est apprécié et répond à des besoins, et ce, même si nous avons déjà des médecins de famille. J’étais heureuse d’avoir accès à un médecin un dimanche matin de janvier 2017. Alors, monsieur le Ministre, avez-vous vraiment réfléchi à tout ce que cela impliquait d’interrompre ce service à la population? Pourquoi retirer un service qui fonctionne bien?

Valérie Boucher, Sainte-Catherine-de-la-Jacques-Cartier