Au Québec, comme au Canada et en France d'ailleurs, le droit de grève des étudiants n'est pas enchâssé dans la loi.

Ce qu'on sème au printemps se récolte à l'automne : portrait d'une dissidence

Ce qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience. 
Nous sommes des militant.e.s de l'Université Laval parmi d'autres, qui prennent la plume aujourd'hui pour exposer publiquement leurs intentions et envoyer un message clair au gouvernement libéral : notre éventuel retour en classe ne marque pas l'essoufflement de notre mouvement, mais s'inscrit bien plutôt dans une stratégie à part entière, par laquelle notre contestation à grande échelle des politiques d'austérité gagnera en force et en nombre.
Notre mouvement a pris son envol le 23 mars, avec plus de 17 000 étudiant.e.s en grève à l'Université Laval pour cette journée et 3000 en grève pour au moins une semaine. Les reconductions adoptées en assemblée générale se sont alors succédé, permettant à cette initiative étudiante de perdurer trois semaines au cours desquelles nous avons rempli les objectifs suivants :
• Sensibiliser la communauté universitaire aux enjeux relatifs à l'austérité et constituer ainsi une base militante de plus en plus élargie : cet objectif a été atteint par l'entremise d'un travail acharné de mobilisation, moyennant la production et la distribution de tracts, l'organisation d'ateliers et d'activités militantes, sans compter les innombrables discussions par lesquelles l'impact des politiques budgétaires du gouvernement Couillard occupe dorénavant le centre des débats dans notre environnement de travail et d'apprentissage;
• Obliger les autorités étatiques et l'espace médiatique à traiter de l'austérité comme projet politique : si cette notion, à défaut d'en entendre suffisamment parler, pouvait sembler abstraite à plusieurs d'entre nous jusqu'à tout récemment, nous pouvons désormais avancer que l'austérité est un sujet d'actualité incontournable, les différentes actions de contestation se multipliant et regroupant un nombre toujours plus important de personnes.
À la lumière des événements récents et face à ce que l'automne nous annonce, nous jugeons qu'il est préférable de reprendre les cours après ces trois semaines de mobilisation intense. La grève est un moyen parmi les autres à notre disposition pour défendre nos idées face à un gouvernement intransigeant et paternaliste, et la communauté étudiante saura s'en prévaloir tant et aussi longtemps qu'elle le voudra. Notre grève est momentanément suspendue, mais la lutte contre l'austérité persiste et nous maintiendrons la pression pour assurer notre retour en force à l'automne : des assemblées générales de grève sont déjà fixées pour septembre et nous continuerons d'ici là, par une multitude d'actions et d'interventions, à mettre de l'avant les frasques gouvernementales. Cette grève a constitué une étape majeure dans l'escalade actuelle des moyens de pression contre les politiques d'austérité libérales et c'est précisément ce que nous en attendions.
Cette étape, que nous avons dûment franchie, nous permet d'envoyer collectivement le message suivant au gouvernement : la grève était notre choix, nous l'avons assumé jusqu'à sa fin et nous la repartirons quand nous le voudrons.
Ont cosigné :
Anne-Julie Asselin - étudiante en Anthropologie
Vincent Baillargeon - étudiant en Relations industrielles
Samuel Bédard - étudiant en Sociologie
Valérie Bergeron-Boutin - étudiante en Droit et en Études anciennes
Flore Bibeau - étudiante en Anthropologie
José-Frédérique Biron - étudiante en Science politique
Kate Blais - étudiante en Philosophie
Marianne Blanchard - étudiante en Études Anciennes
Thomas Blouin - étudiant en Sociologie
Catherine Bonneau - étudiante en Sociologie
Sandrine Carpentier - étudiante en Anthropologie
Andréanne Corriveau - étudiante en Relations industrielles
Rosalie Côté-Tremblay - étudiante en science politique
Janick Daigle - étudiante en Études internationales et Langues modernes
Charlotte Desplat - étudiante en Sociologie
André-Philippe Doré - étudiant en Études anciennes
Renaud Drolet-Brassard - étudiant en Sociologie
Dominique Gagné-Giguère - étudiant en Science Politique
Michelle Gagnon - étudiante en Histoire de l'Art
Simon-Olivier Gagnon - étudiant en Sociologie
Laurie Gagnon Bouchard - étudiante en Science politique
David Gaudreault - étudiant en Sociologie
Félix-Antoine Gingras - étudiant au Baccalauréat intégré en Affaires publiques et Relations internationales
Annie Grégoire-Gauthier - étudiante en Sociologie
Hubert Grenon - étudiant en Enseignement secondaire
Keven Grondin - étudiant en Anthropologie
Emanuel Guay - étudiant en Sociologie, Lévis
Pierre-Élie Hupe - étudiant en Sociologie
Sophie Jouan - étudiante en Philosophie
Julien Jolicoeur-Dugré - étudiant en Philosophie
Mélina Kerhoas - étudiante en Arts Plastiques
Sébastien Lacroix - étudiant en Philosophie
Justine Lalande - étudiante en Science Politique
Justine Langlois - étudiante en Sociologie
Raphaël Lapierre - étudiant en Sociologie
Alexandre Laprise-Goulet - étudiant en Sociologie
Gabriel Leblanc - étudiant en Études internationales et Langues modernes
Patrick Leduc - étudiant en Anthropologie
Raphaël Létourneau - étudiant en Sociologie
Jérôme Lévesque - étudiant en Histoire
Geneviève Maltais-Tremblay - étudiante en Service social
Stéphanie Martins Laforge - étudiante en Service social
Léa Ménard - étudiante en Histoire de l'art
Florence Moreault - étudiante en Service social
Clara Morissette - étudiante en Science politique
Myriam Ouellet - étudiante en Géographie
Gabrielle Paradis - étudiante en Psychologie
Éloi Paradis-Deschênes - étudiant en Science politique
Audrey Paquet - étudiante au Baccalauréat intégré en Philosophie et Science politique
Nicolas Pelletier - étudiant en Histoire
Camille Perron-Thivierge - étudiante en sociologie
Gaspard Philippe - étudiant en Théâtre
Charles-Olivier Poulin-Carrier - étudiant en études libres
Antoine Proulx - étudiant en Histoire
Marie-Laurence Rancourt - étudiante en Sociologie
Antoine Sévigny - étudiant en Sociologie